Ile Maurice: Des experts appelés à examiner les normes de construction sur l'île

A la suite du séisme de magnitude 5,4, qui a frappé Rodrigues, le mardi 6 janvier, et qui fissuré plusieurs maisons, le commissaire adjoint Johnson Roussety a effectué une visite de terrain le lendemain, en compagnie d'ingénieurs de la Commission des infrastructures afin d'évaluer les zones affectées.

Il a promis une aide officielle aux foyers dont les maisons ont été endommagées et a dit avoir fait appel à des experts pour examiner les normes de construction dans l'île.

Si aucun bâtiment ne s'est effondré, plusieurs maisons présentaient des fissures visibles et les habitants ont fait part des perturbations dans leur quotidien. Johnson Roussety a promis que les ménages dont les maisons ont été endommagées recevraient une aide une fois l'évaluation rapide terminée.

Il a aussi annoncé la convocation d'experts chargés de réaliser un examen approfondi des normes de construction dans l'île. Examen qui portera sur les normes actuelles, leur application et la préparation de l'île face aux séismes. L'objectif est de moderniser la réglementation et de promouvoir des techniques de construction plus résistantes aux secousses afin de protéger les habitants et les infrastructures lors de futurs tremblements de terre.

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Parmi les mesures envisagées figurent des normes de conception plus strictes pour les nouvelles constructions, des recommandations pour la rénovation des bâtiments anciens, des inspections obligatoires et des campagnes de sensibilisation à la prévention des séismes. L'équipe d'évaluation devrait consulter des ingénieurs en structure, des sismologues, des constructeurs locaux et des représentants de la communauté afin de s'assurer que les recommandations soient pratiques et adaptées au contexte local.

Vassen Kauppaymuthoo, océanographe : «Il faut des bâtiments adaptés aux cyclones et tremblements de terre»

Selon l'océanographe et ingénieur environnemental Vassen Kauppaymuthoo, le risque sismique à Rodrigues a été largement négligé malgré plusieurs séismes survenus au cours de la dernière décennie. Les pratiques de construction dans l'île ont traditionnellement privilégié la résistance aux cyclones plutôt qu'aux séismes. Il en résulte une prédominance de bâtiments en béton, conçus pour résister aux cyclones mais mal adaptés à l'activité sismique. «Il faut des bâtiments plus flexibles, comme au Japon. À Haïti, lors d'un tremblement de terre, les bâtiments sont devenus des tombeaux pour les gens.

Le code de construction doit prévoir des bâtiments adaptés et pouvant résister aux petits séismes. Même si les bâtiments ne se sont pas effondrés à Rodrigues, leurs structures peuvent être abîmées. Il faut revoir le code de construction pour imposer des bâtiments adaptés. Ce qui est très différent de ce qu'on fait actuellement» explique l'océanographe. Il souligne aussi qu'il est essentiel de tirer des enseignements des pays fréquemment touchés par des séismes et des cyclones comme par exemple, le Japon et les Philippines, pour concevoir des structures sûres et adaptables.

Le modèle japonais

Ce pays parvient à concilier sécurité et modernité en employant des méthodes d'ingénierie innovantes, une réglementation stricte et des avancées technologiques dans la conception des bâtiments. Ces innovations majeures comprennent des isolateurs sismiques, dispositifs en caoutchouc et en acier, placés entre le bâtiment et ses fondations, pour amortir les chocs, des amortisseurs de vibrations, systèmes intégrés dans la structure pour dissiper l'énergie des secousses, l'utilisation de matériaux flexibles comme le béton armé et l'acier, capables de se déformer sans se rompre.

Le Japon impose aussi des normes de construction parmi les plus strictes au monde. Chaque projet doit respecter des critères précis et des inspections régulières et mises à jour technologiques sont obligatoires.

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