Le constat est saisissant. En trois ans, le Cameroun a engagé 8,4 milliards de FCFA pour la Coupe du monde 2022, puis plus de 5 milliards pour la CAN 2025 au Maroc. Une enveloppe totale de 13,4 milliards pour le football, sans résultat tangible en phase finale. Pendant ce temps, les principales métropoles du pays étouffent sous les ordures. Une réalité crue qui pose une question fondamentale : où sont les vraies priorités ?
La crise des déchets à Douala et Yaoundé a atteint un tel pic qu'une opération d'urgence a dû être lancée pour évacuer plus de 53 000 tonnes d'ordures en moins d'un an. La production quotidienne de déchets à Yaoundé avoisine les 3 000 tonnes, mais moins de la moitié est collectée dans le cadre contractuel normal. Les images de montagnes de poubelles dans les artères de nos deux plus grandes villes sont devenues le symbole d'un malaise profond.
Ce contraste entre les dépenses sportives somptuaires et l'impasse sanitaire est troublant. Comment expliquer qu'un pays capable de débloquer des milliards pour le ballon rond ne parvienne pas à assurer un service public aussi élémentaire que la collecte des ordures ? La dette de l'État envers l'opérateur de collecte, qui s'élève à 7,7 milliards FCFA, paralyse le système. L'argent semble couler à flots pour le prestige sportif, mais se tarit quand il s'agit de la dignité quotidienne des citoyens.
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Le peuple camerounais mérite mieux. Il mérite que l'argent public serve d'abord à résoudre les crises qui affectent directement sa santé et son cadre de vie. La question n'est pas de savoir s'il faut soutenir le sport, mais comment équilibrer les investissements pour répondre aux besoins urgents de la population.