Le verdict est tombé. Au terme des quarts de finale d'une intensité rare, la CAN 2025 a livré son verdict, confirmant que le football africain a atteint une maturité tactique et athlétique sans précédent.
Si le Nigeria a fait cavalier seul face à une Algérie en manque d'inspiration en dominant son adversaire par 2 buts à 0, grâce surtout à un Victor Oshimen cliniquement efficace, les trois autres affiches ont offert des duels épiques où la décision s'est jouée sur des détails infimes, souvent à la frontière de la rupture nerveuse.
Les Pharaons d'Egypte ont été maîtres du temps et ont profité des failles laissées par les Eléphants de Côte d'voire. Le choc du tenant du titre face à l'Egypte a tourné au profit de la science tactique des Pharaons qui se sont imposés par 3 buts à 2 au terme d'une partie intense. Une fois de plus, la « malédiction du vainqueur » a frappé. Les Eléphants, malgré un mental fort et une débauche d'énergie louable n'ont pas pu arracher l'égalisation et ont fini par plier l'échine.
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Techniquement, la Côte d'Ivoire a péché par un manque de rigueur dans les transitions défensives. Trop portés vers l'avant. Les Ivoiriens ont laissé des espaces béants entre leur ligne médiane et leur charnière centrale. Face à cela, le bloc égyptien, compact et d'un cynisme absolu, a fait parler son expérience. Les Pharaons n'ont pas cherché à confisquer le ballon, mais à aspirer le pressing adverse pour mieux piquer en contre-attaque. Cette capacité à gérer les temps faibles et à punir la moindre erreur de placement confirme que l'Egypte reste l'épouvantail tactique du continent. Et lorsque Mo'Salah et Omar Marmoush sont en jambes, c'est l'attaque des Pharaons qui crache le feu.
L'autre duel fratricide a opposé le Sénégal au Mali. Si les Aigles ont montré une qualité technique supérieure dans la circulation du ballon, ils se sont heurtés à un obstacle qui semble désormais psychologique : le plafond de verre face aux Lions de la Teranga. Malgré une possession stérile, le Mali n'a jamais réussi à porter l'estocade. Il manque à cette équipe cette « méchanceté » dans les trente derniers mètres pour renverser le rapport de force historique.
Le Sénégal, fort d'une assise défensive impériale autour de Kalidou Coulibaly et d'une maturité acquise lors des précédentes joutes internationales, a su faire le dos rond avant de frapper au moment où la fatigue commençait à peser sur les appuis maliens. Pour le Mali, cette élimination sonne comme une cruelle répétition de l'histoire, soulignant l'écart entre le beau jeu et la culture de la gagne.
Nous voici désormais devant un carré d'as de rêve. Plus on s'approche du Graal, plus la marge d'erreur se réduit. Le niveau de performance athlétique observé lors de ces quarts promet des demi-finales explosives mercredi prochain.
Bien malin qui pourrait aujourd'hui émettre le moindre pronostic. Entre la puissance de feu nigériane, la solidité sénégalaise, la roublardise égyptienne et la poussée du 12e homme marocain, la bataille s'annonce rude. Le spectacle sera sans aucun doute au rendez-vous le mercredi prochain, le suspense est à son comble, et le football africain sortira assurément grandi de ces joutes, si les arbitres ne faussent pas le jeu, bien sur. Le chemin vers le sacre est désormais une affaire de nerfs et de précision chirurgicale.