Cameroun: Une requête inédite pour la destitution de Paul Biya déposée

Paul Biya, président du Cameroun
12 Janvier 2026

Une onde de choc traverse la scène politique camerounaise. Le professeur Olivier Bile, président du parti Les Libérateurs, a franchi un pas sans précédent en saisissant officiellement le Conseil constitutionnel pour exiger la destitution du président Paul Biya. Cette démarche, fondée sur l'article 55 de la loi organique de 2004, accuse le chef de l'État, au pouvoir depuis plus de quatre décennies, d'une incapacité à assumer ses fonctions.

La requête, rigoureusement déposée au greffe et adressée au secrétaire général de l'institution, Olivier Bile, invoque un silence assourdissant du président face aux crises multiformes du pays. Le professeur Bile dénonce une gouvernance déconnectée et une paralysie institutionnelle chronique. Son geste audacieux s'appuie sur des précédents internationaux de destitution pour incapacité manifeste, appelant les juges à un acte de courage républicain.

L'initiative cristallise un ras-le-bol palpable dans la population. En accusant réception et en étudiant la recevabilité de la demande, le Conseil constitutionnel donne, malgré sa prudence, un poids institutionnel inattendu à cette tentative de bousculer l'ordre établi. Ce pays, comme d'autres en Afrique, entre dans une période de haute tension électorale où la jeunesse et les régimes en place s'affrontent. La crédibilité des institutions est plus que jamais scrutée.

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

Cette requête ouvre un débat fondamental sur la légitimité et la reddition des comptes au sommet de l'État. Si elle aboutit, elle marquerait un tournant historique. Dans le cas contraire, elle restera comme un symbole puissant de contestation, reflétant l'impatience d'une société en attente de changement. Le pays retient son souffle.

Pensez-vous que cette action juridique puisse réellement modifier l'équilibre du pouvoir au Cameroun ?

AllAfrica publie environ 500 articles par jour provenant de plus de 120 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.