Madagascar: Exportation - La filière vanille menacée par le dumping et le blanchiment d'argent

La campagne de vanille préparée se déroule depuis hier et jusqu'au 31 juillet 2023

La Refondation accuse un succès au niveau de la filière vanille, qui commence à se relever. Une relance malheureusement menacée par le dumping pratiqué par des acteurs qui s'adonnent visiblement à du blanchiment d'argent.

Des opérateurs de la filière vanille révèlent en effet que certains exportateurs proposent actuellement des offres à 10 dollars le kilo de vanille de la variété Cuts, d'un taux de vanilline de 1% à 1,4%.

Excessivement bas

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Un prix à l'export qui n'est autre que de la vente à perte, si l'on se réfère au coût FOB du kilo de vanille exportable, estimé à 16 dollars le kilo. Selon les données actuellement en vigueur, le kilo de vanille en vrac est à 40 000 ariary. Avec un taux de dessiccation de 5 %, le coût net est de 42 105. À cela s'ajoutent les frais de préparation de 14 400 ariary, l'emballage de 1 050 ariary, les frais de mise à FOB de 9 000 ariary et, enfin, les frais financiers de 4 991 ariary. Ce qui fait un prix de 71 146 ariary, soit environ 16 dollars le kilo. Or, d'après les opérateurs, il y a actuellement des offres entre 10 dollars et 15 dollars.

Ce qui est très anormal puisque, la vanille étant une épice de luxe, son traitement exige de la technologie, une main-d'œuvre qualifiée et des frais importants ; la marge bénéficiaire pratiquée dans la filière est estimée par les professionnels entre 10 à 15 dollars. Ce qui fait un prix à l'export raisonnable de 25 dollars à 30 dollars, bien loin des 10 à 15 dollars pratiqués par les « dumpers ». « Comment peut-on pratiquer de tels prix excessivement bas ? », s'interrogent des exportateurs de vanille qui craignent qu'une telle pratique pourrait tout simplement faire retomber la filière vanille dans le gouffre de la crise.

Libéralisation sauvage

En effet, le dumping nuit véritablement aux opérateurs honnêtes qui continuent à pratiquer les prix normaux. Par ailleurs, les prix excessivement bas nuisent à la renommée de la vanille malgache qui reste, encore et toujours, le champion du monde de la qualité. « Si les autorités ne prennent pas les mesures nécessaires pour arrêter le dumping, cela pourrait, une fois de plus, compromettre l'avenir de la filière vanille de Madagascar et faire tomber à l'eau les efforts de redressement entrepris par le régime de la Refondation qui a eu le mérite d'avoir stoppé la situation de quasi-monopole qui a régné dans cette filière ».

Certains opérateurs s'inquiètent par ailleurs des possibles méfaits d'une libéralisation sauvage. « Avec la libéralisation, les professionnels de la filière peuvent maintenant opérer, mais il s'avère que certains exportateurs ayant bénéficié d'un agrément ne disposent pas des équipements réglementaires », s'inquiète-t-on dans le milieu. Une manière, en tout cas, d'en appeler au ministère du Commerce et de la Consommation pour que ce dernier prenne les mesures qui s'imposent afin de stopper les dérives qui pourraient tuer la filière vanille et noircir l'image du régime de transition.

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