Cameroun: Avocat menacé à Maroua - Un témoignage qui secoue l'état de droit camerounais

12 Janvier 2026

Le récit publié par Me Ali Bah Oumar, avocat au barreau du Cameroun, fait l'effet d'un électrochoc. L'incident qu'il relate, survenu ce 11 janvier 2026 dans une brigade de gendarmerie de Maroua, dépasse le simple fait divers pour toucher aux fondements de la justice camerounaise. Il dénonce une interpellation abusive de son client, réalisée sans mandat, puis des menaces de détention arbitraire proférées à son encontre pour avoir voulu exercer son rôle de défense.

La scène décrite est glaçante. Alors que l'avocat tentait de rappeler les principes élémentaires du droit, le commandant de brigade lui aurait rétorqué que « la place de l'avocat est au parquet et non dans les unités de gendarmerie ». Cette méconnaissance du statut de l'avocat, auxiliaire de justice indispensable à toutes les phases de la procédure, a été suivie d'une intimidation directe : la menace de l'enfermer s'il persistait. Cet épisode localisé à Maroua pose une question nationale : jusqu'où peut aller l'entrave au travail de la défense ?

Si les circonstances précises de ce cas à Maroua demandent à être vérifiées, la Commission africaine des droits de l'homme s'alarme d'une tendance régionale inquiétante. Dans un récent rapport, elle note une « recrudescence alarmante des violations des droits des avocats » sur le continent, notamment des actes d'intimidation et des arrestations arbitraires visant ceux qui défendent des dossiers sensibles . Ces pressions constituent une menace directe contre l'accès à la justice et les fondements de l'État de droit .

L'affaire de Maroua, résolue par l'intervention d'un supérieur hiérarchique respectueux de la loi, montre que des garde-fous existent au sein des institutions camerounaises. Elle rappelle aussi, de manière crue, la vulnérabilité des garants des libertés. L'avocat n'est pas un adversaire des forces de l'ordre ; il est un partenaire essentiel pour une justice équitable et légitime. Son intimidation, où qu'elle se produise, affaiblit la confiance de tous les citoyens dans le système. Ce témoignage provenant de Maroua doit-il être considéré comme un incident isolé ou comme le signal d'une dérive plus préoccupante pour les droits de la défense au Cameroun ?

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