Cameroun: Gouvernement fantôme - Douze jours de suspense après la promesse de Biya

12 Janvier 2026

À Yaoundé, l'attente devient étouffante. Dans son adresse solennelle du 31 décembre, le président Paul Biya a promis la formation imminente d'un nouveau gouvernement.

Douze jours plus tard, le pays retient son souffle devant un silence présidentiel assourdissant. Cette inertie, dans un contexte politique déjà surchauffé, alimente toutes les conjectures et expose les fractures d'une nation en attente. L'annonce était pourtant claire.

Devant la nation, le chef de l'État avait fixé une priorité présidentielle : « améliorer sans délai les conditions de vie » des Camerounais grâce à l'équipe qu'il nommerait « dans les tous prochains jours ». Le compte à rebours était lancé. Pourtant, aucun décret n'a suivi. Seules les rumeurs circulent, reflétant les manœuvres de factions au sein de la majorité, alors que le pays est enlisé dans de multiples crises.

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Cette pause interminable paralyse l'action publique. L'ancien gouvernement expédie les affaires courantes, dans un étrange interrègne politique, tandis que les dossiers urgents vie chère, insécurité dans les régions anglophones, chômage des jeunes s'accumulent. Le processus de formation gouvernementale semble pris dans des calculs d'appareil invisibles, un « casting à huis clos » qui passe après les urgences du pays.

Le délai s'éternise et l'ironie s'installe. Certains évoquent un « gouvernement en incubation », d'autres rappellent les reports électoraux passés, perçus comme des manoeuvres de conservation du pouvoir. La promesse d'un renouvellement, notamment en faveur des femmes et des jeunes, faite par Biya, semble déjà mise à l'épreuve par cette attente. Cette inertie nourrit un climat d'incertitude qui mine la confiance et aggrave un sentiment de stagnation générale.

Douze jours après l'annonce, la question n'est plus de savoir qui sera ministre, mais de comprendre les règles de ce jeu politique. Le temps du pouvoir obéit-il à une logique que les citoyens ne peuvent saisir ? En attendant la réponse, le Cameroun patiente, scrutant le silence du Palais de l'Unité.

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