Afrique: Marc brys payé sans être sur le banc - Le Cameroun dans l'impasse

12 Janvier 2026

Le feuilleton Marc Brys au Cameroun prend un tournant aussi surprenant que révélateur. Alors que l'équipe nationale disputait la dernière Coupe d'Afrique des Nations sous la direction de David Pagou, nommé par Samuel Eto'o, une réalité administrative persistait en coulisses : l'État camerounais n'avait jamais rompu le contrat liant le pays au technicien belge Marc Brys. Le sélectionneur évincé a ainsi continué à percevoir son intégralité de salaire, y compris une prime de participation à la CAN, sans même se rendre au Maroc.

Cette situation découle d'un imbroglio juridique sans précédent. Marc Brys avait été nommé en avril 2024 par le ministère des Sports, une décision unilatérale perçue comme une ingérence étatique et immédiatement contestée par la FECAFOOT Cameroun dirigée par Samuel Eto'o. Un conflit de pouvoir était né, créant une ambiguïté fatale : qui, de l'État ou de la fédération, était l'employeur légitime ? Le contrat signé par Brys l'était avec le ministère, un document décrit comme extrêmement protecteur pour l'entraîneur et coûteux en cas de rupture abusive.

Face à cette bombe financière potentielle, l'État a choisi la prudence. Samuel Eto'o s'était pourtant engagé à verser près de 2,4 milliards de FCFA d'indemnités de licenciement. Mais, craignant un procès coûteux devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS), le gouvernement a refusé d'entériner ce limogeage. Juridiquement, la position de la FECAFOOT était d'ailleurs fragile, car elle n'avait jamais signé de contrat sportif formel avec Brys, limitant ses prérogatives.

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L'épilogue de cette saga est aussi discret que son déroulement fut chaotique. Contre toute attente, Marc Brys a finalement mis fin à son aventure camerounaise en démissionnant, empochant une indemnité modeste d'environ 42,5 millions de FCFA, très loin des milliards évoqués. Ce départ sans gloire met un terme à un épisode qui a exposé au grand jour les dysfonctionnements chroniques du football camerounais, tiraillé entre des institutions rivales. Au final, qui paie le prix le plus élevé pour cette gestion chaotique : les finances publiques, l'image des Lions Indomptables, ou les supporters ?

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