Afrique: Superstition et rituels dans les rangs des reporters sénégalais

 La superstition, dimension la plus irrationnelle du sport, s'invite jusque dans les rangs des reporters sénégalais à Tanger, à l'occasion de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) 2025. Superstition ou pas, ils reconnaissent conserver des habitudes à leurs yeux porteuses de chance.

La superstition est le fait de croire que certains actes et signes entraînent mystérieusement des conséquences bonnes ou mauvaises.

Elle est présente partout, particulièrement dans le sport, où de nombreux athlètes, supporters et même des journalistes adoptent des comportements superstitieux pour se rassurer ou se donner le sentiment d'un certain contrôle face à l'incertitude du résultat.

Pour Samba Sy, journaliste à 13 TV, l'efficacité de la superstition doit être relativisée.

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"Il y a une part à y croire, même si nous sommes à l'ère de la modernité", explique-t-il, installé en tribune de presse au stade Ibn-Battuta de Tanger.

"Nous avons toujours des réalités traditionnelles, mais je ne pense pas que ces pratiques déterminent l'issue d'un match. Disons que j'y crois à 30 %", ajoute-t-il.

D'autres affirment ne pas être superstitieux, tout en conservant certaines habitudes. Fatima Sylla, journaliste à la 2STV, s'installe toujours au même endroit, par réflexe, habitude, sinon par superstition.

"Ce n'est pas calculé, c'est naturel", soutient-elle, en assurant ne pas croire à la superstition.

Même discours chez Thilo Sam, journaliste à l'Agence de presse sénégalaise (APS), qui évoque de simples coïncidences.

"Certains pensent qu'il faut porter la même tenue pour gagner. Personnellement, je change de place et de tenue, et les victoires suivent quand même", dit-elle.

Elle avait tenu ces propos avant le match de huitièmes de finale remporté par le Sénégal face aux dépens du Soudan (3-1).

Julien Sène du quotidien national Le Soleil se défend également de toute superstition.

"Je m'assois souvent au même endroit, parce que je m'y sens bien, pas par superstition", explique Julien. Il reconnait mâcher systématiquement du chewing-gum durant les matchs, par habitude qu'autre chose.

Pour Cheikh Tidiane Diagne, journaliste à la Radio Futurs Médias (RFM), ces pratiques relèvent avant tout de réalités culturelles propres à chaque pays.

"L'Africain, particulièrement le Sénégalais, est très attaché à ces symboles", analyse-t-il.

"Répéter une habitude associée à une victoire n'influence pas le score, mais cela peut mettre en confiance", estime-t-il.

Sokhna Fall, journaliste à D-Media, adopte une position plus nuancée.

"Il arrive que l'on porte des habits ou des chaussures que l'on considère comme porte-bonheur", confie-t-elle.

"J'ai déjà couvert des victoires avec certaines chaussures, aussi bien avec les seniors qu'avec les équipes de jeunes. On se dit alors qu'il faut continuer, même si je n'y crois pas totalement", précise-t-elle.

Si tous s'accordent à dire que ces rituels n'ont pas d'impact direct sur les performances sportives, ils reconnaissent qu'ils contribuent à la gestion du stress et à l'ambiance particulière de la CAN.

La question a d'ailleurs suscité un débat animé. Une ancienne journaliste, accompagnant la délégation sénégalaise, Fatou Kiné Sylla en l'occurrence, a ainsi décidé de porter du blanc, convaincue que cette couleur lui avait porté chance lors de la victoire des Lions contre le Botswana (3-0).

Elle est même allée acheter un pantalon en jean blanc pour "respecter le rituel", lors du match contre le Mali en quarts de finale, vendredi dernier à Tanger. Fatou prévoit de porter la même tenue pour les demi-finales contre l'Égypte, mercredi.

Peu à peu, d'autres journalistes, Adama Haidara du quotidien L'info, et Agnès Diouf de la radio communautaire Oxyjeunes, se sont jointes à la discussion, chacune promettant de conserver les mêmes habits ou accessoires jusqu'à la fin de la compétition.

Une illustration de plus que même dans les rangs de la presse, la superstition existe.

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