Les enseignants, parents d'élèves et syndicats restent dans l'attente des retombées concrètes du blueprint de l'éducation, un document très attendu qui doit baliser les grandes orientations du système éducatif mauricien pour les années à venir. Initialement annoncé pour décembre, le projet a connu plusieurs étapes. Une première ébauche a été présentée au Conseil des ministres avant d'être renvoyée auprès des stakeholders, appelés à proposer des ajustements dans l'intérêt de l'ensemble de la communauté éducative.
Récemment, le ministre de l'Éducation, Mahend Gungapersad, a confirmé que les consultations, qui devaient prendre fin autour du 20 janvier, avaient été repoussées. Une décision motivée par la volonté d'élargir la participation et de mieux prendre en compte les différentes voix concernées. «On va étendre les consultations. On va rester à l'écoute des Prefects et aussi de la Parent Teacher Association. Nous allons essayer de prolonger de quelques jours encore afin que les enfants aussi puissent apporter leur contribution en termes d'idées, tout comme les parents.» Le ministre a rappelé que ce sont précisément ces groupes qui seront directement impactés par les décisions à venir. Une fois cette phase achevée, un nouveau draft du blueprint sera soumis au Conseil des ministres pour validation. Ce n'est qu'après cet aval que le processus d'implémentation pourra être enclenché.
Toutefois, plusieurs changements ont déjà été amorcés, indépendamment de la publication officielle du blueprint. Le critère des trois credits est désormais applicable pour les élèves souhaitant poursuivre leurs études en Lower Six. Le Kreol Morisien a également été introduit à ce niveau, marquant une reconnaissance accrue de la langue nationale dans le cursus académique. Le Foundation Programme doit prochainement démarrer, tandis que les jeunes d'Agaléga peuvent désormais passer les examens du School Certificate de Cambridge sur leur archipel. À cela s'ajoute une campagne nationale contre le bullying, déjà déployée dans plusieurs établissements.
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Autre chantier majeur: la mixité dans les collèges. Le ministère prévoit son introduction dès le Grade 7 afin d'assurer une continuité avec le primaire, où les élèves évoluent déjà dans un environnement mixte. Enfin, la question de l'utilisation du téléphone portable à l'école reste à l'étude. «À ce jour, le portable n'est pas interdit dans les écoles. Nous avons toutefois demandé aux recteurs d'exercer un droit de regard afin que les élèves ne l'utilisent pas durant les heures de classe. On ne veut pas de distraction», a précisé le ministre, soulignant qu'un cadre légal est en cours d'élaboration et se trouve actuellement entre les mains de l'Attorney General.
En attendant la version finale du blueprint, le secteur éducatif poursuit donc sa transition, entre réformes déjà engagées et attentes encore nombreuses.