Ile Maurice: Abolir la course, repenser l'école - Quand l'éducation a tenté de changer de cap

Au tournant des années 2000, l'école mauricienne arrive à un point de rupture. Pression sociale, compétition exacerbée, inégalités persistantes : le système, hérité des premières années post-Indépendance, montre ses limites. Deux ministres, à des périodes différentes, tenteront de répondre à ce malaise profond à travers des réformes ambitieuses : Steven Obeegadoo et, quelques années plus tard, le Dr Vasant Bunwaree.

Ancien ministre de l'Éducation entre 2000 et 2005, Steven Obeegadoo qualifie sa réforme de la plus vaste depuis l'Indépendance. Son objectif est clair : mettre fin à la rat race au primaire et briser le goulot d'étranglement à l'entrée du secondaire. En 2001, son ministère lance une réorganisation d'envergure du système éducatif, avec un projet au titre évocateur : Ending the rat race in primary education and breaking the admission bottleneck at secondary level.

La mesure phare reste l'abolition du ranking au Certificate of Primary Education (CPE), symbole d'une école ultra-compétitive. À sa place, le grading est instauré, reposant sur les quatre meilleures notes de l'élève, toutes matières confondues. Une manière de valoriser les compétences globales plutôt que la seule performance chiffrée. Pour rendre cette réforme possible, l'État investit massivement dans les infrastructures : le nombre de collèges publics passe de 34 à 70 en cinq ans, permettant la régionalisation des admissions et une meilleure équité territoriale.

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Quatre zones éducatives sont alors créées - une organisation toujours en vigueur - afin de rapprocher les écoles des familles et limiter l'élitisme scolaire. La réforme touche aussi les contenus : révision des programmes, introduction de l'informatique au primaire, renforcement de l'histoire-géographie et des sciences. Les Zones d'éducation prioritaire voient le jour pour lutter contre l'échec scolaire, avec des moyens ciblés sur la littératie et la numératie. Autre avancée majeure : l'entrée du Kreol Morisien comme langue d'enseignement, ainsi que l'intégration progressive des enfants à besoins spécifiques. Côté enseignants, l'introduction du mentorat et l'amélioration du ratio élèvesprofesseurs traduisent une volonté d'investir dans la qualité humaine du système.

Quelques années plus tard, entre 2008 et 2014, le Dr Vasant Bunwaree prolonge cette dynamique avec l'Education and Human Resource Strategy Plan 2008-2020. Fruit d'une large concertation, ce plan stratégique couvre l'ensemble du parcours éducatif, de la petite enfance à l'université. Il repose sur cinq piliers : accès, qualité, équité, pertinence et excellence. La petite enfance y occupe une place centrale. Pour le ministre, un bon départ éducatif commence dès trois ans. Le primaire reste toutefois un maillon fragile, marqué par les redoublements, les inégalités régionales et la dépendance aux cours particuliers.

Le constat est sans appel : trop d'enfants quittent l'école sans maîtriser les fondamentaux. La réforme propose alors de repenser le CPE, non plus comme un couperet mais comme un outil de validation des compétences. Les cours particuliers sont interdits jusqu'en Grade 4 afin de favoriser le développement global de l'enfant. Des programmes de rattrapage, des évaluations standardisées, une plus grande autonomie des chefs , et un accent renforcé sur l'inclusion et l'orientation professionnelle complètent cette vision.

Deux réformes, deux époques, mais une même ambition : faire de l'éducation un véritable levier d'équité sociale.

Le calendrier scolaire 2026

Premier trimestre

Lundi 12 janvier : admission en Grades 1, 7 et 10 dans les académies

Mardi 13 janvier : rentrée pour tous Vacances à partir du 4 avril

Deuxième trimestre

Lundi 20 avril au vendredi 17 juillet Vacances à partir du 18 juillet

Troisième trimestre

Lundi 17 août au vendredi 30 octobre Vacances à partir du 1er novembre

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