Réunis récemment en atelier à l'hôtel Ivotel du Plateau, les députés membres de la Commission des affaires économiques et financières (Caef) ont procédé à la restitution des travaux des missions d'information conduites en juillet 2025 sur la commercialisation illicite du café, du cacao et de l'anacarde.
Cette rencontre stratégique a été organisée par le Programme pays de renforcement des capacités (Pprc), avec l'appui financier de la Banque mondiale, à travers le Projet d'amélioration pour la gouvernance et la délivrance des services de base aux citoyens (Pagds).
Au cœur de cet atelier figuraient les résultats d'un diagnostic jugé « lucide et documenté » sur un phénomène persistant, malgré les actions gouvernementales entreprises, dont l'opération « Verrou 322 » lancée en octobre 2024.
Les missions parlementaires ont mis en lumière les causes profondes de cette commercialisation parallèle, notamment la recherche de profits plus élevés dans les circuits informels, l'affaiblissement de la régulation des flux et des prix, les pertes fiscales importantes et, à terme, les menaces sur la stabilité économique, la cohésion sociale et la sécurité dans certaines zones.
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Ouvrant la session, le député M'Ba Coulibaly, rapporteur de la Caef, représentant son président, s'est félicité de la qualité des travaux et des résolutions adoptées, appelées, selon lui, à servir de pistes de solutions pour la nouvelle législature. Il a salué l'appui constant de la Banque mondiale et encouragé le Pprc à intensifier ses actions afin de consolider les performances des structures de l'État dans la gestion de la chose publique.
Pour le Pprc, l'enjeu dépasse la simple restitution. Représentant Cynthia Curtis, la coordonnatrice nationale, Ludovic Kouamé a rappelé que le cacao, le café et l'anacarde sont au coeur du modèle économique ivoirien et de la subsistance de millions de producteurs. Il a insisté sur la nécessité de transformer les constats en actions concrètes, coordonnées et durables, en phase avec les ambitions du Plan national de développement 2026-2030.
À travers cette initiative, le Pprc entend renforcer les capacités du Parlement, améliorer la gouvernance des filières et sécuriser durablement les revenus agricoles, condition essentielle pour tarir les sources de la commercialisation illicite.
L'atelier apparaît ainsi comme une étape clé dans la construction d'une réponse globale, concertée et tournée vers l'avenir, afin de préserver les intérêts stratégiques de la Nation et d'assurer une croissance inclusive et durable à l'horizon 2030.