Dans « Je dois aller », le jeune écrivain ivoirien Mouhamadou Dosso signe une œuvre de jeunesse aussi poignante que nécessaire. Illustré et profondément ancré dans les réalités contemporaines, ce récit s'adresse avant tout à la jeunesse africaine tentée par l'aventure périlleuse de l'immigration clandestine. À travers une narration simple mais percutante, l'auteur déconstruit le mythe de l'eldorado européen et invite à une réflexion lucide sur le rêve de l'ailleurs.
Le roman plonge le lecteur dans le parcours de Vamara, un jeune étudiant ivoirien animé par une soif de réussite et l'illusion d'un avenir meilleur hors de ses frontières. Déterminé, presque obstiné, il décide de « devoir aller », quitte à braver l'inconnu. Commence alors une traversée éprouvante, de la Côte d'Ivoire à l'Espagne, en passant par le Mali, la Mauritanie et le Maroc. Une route longue, hostile, où chaque étape devient une épreuve, chaque frontière un combat, chaque espoir une blessure.
Loin du romantisme souvent associé aux récits migratoires, Mouhamadou Dosso choisit le réalisme cru. Le désert africain y est décrit comme un espace de désolation et de souffrance, où la faim, la peur, la fatigue et l'humiliation s'accumulent. Personnage du livre, Vamara, n'y gagne ni gloire ni richesse, mais une succession de tracas émotionnels et physiques, qui finissent par le plonger dans une profonde dépression.
Le corps s'épuise, l'esprit vacille, et le rêve s'effrite au fil des kilomètres. Ce qui frappe dans « Je dois aller » c'est l'engagement de l'auteur. Sa plume, sobre et directe, ne cherche pas à choquer gratuitement, mais à alerter.
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L'histoire de Vamara, bien que fictive, résonne comme celle de milliers de jeunes africains happés par les routes migratoires clandestines. En cela, l'œuvre dépasse le simple cadre littéraire pour devenir un outil de sensibilisation.
Parue aux éditions GNK au cours du deuxième trimestre de l'année 2025, l'œuvre a bénéficié d'une préface remarquable du Professeur Kého Yaya, directeur de Cabinet adjoint du ministre du Patrimoine, du Portefeuille de l'État et des Entreprises publiques de Côte d'Ivoire. Ce dernier souligne avec justesse : « il est tout à fait possible de réaliser son rêve chez soi, en témoignent les nombreux cas de réussite sociale sous nos cieux ».
Une affirmation qui donne tout son sens au message central du livre. Mouhamadou Dosso, lui-même issu de plusieurs programmes de formation en leadership suivis en Côte d'Ivoire, au Sénégal et en Égypte, parle d'expérience. À travers son œuvre, il invite les jeunes à croire en la formation, au travail et au potentiel local, plutôt qu'aux promesses dangereuses de l'exil clandestin.
Son message est clair : le succès ne se trouve pas toujours au bout du désert ou de la mer, mais souvent dans la persévérance et l'engagement là où l'on est. « Je dois aller » est ainsi une lecture utile, actuelle et profondément humaine. Un récit qui interpelle, émeut et pousse à réfléchir. Une œuvre qui, sans moraliser, tend un miroir à la jeunesse et lui murmure que l'avenir peut aussi se construire chez soi.