Centrafrique: Deux semaines après les élections générales, l'opposition dénonce une mascarade

En Centrafrique, plus de deux semaines après la tenue des élections générales du 28 décembre dernier, le Bloc républicain pour la défense de la constitution (BRDC), sort de son silence. L'opposition qui avait appelé au boycott, rejette en bloc les résultats provisoires du scrutin publiés par l'autorité nationale des élections (ANE), qu'elle qualifie de mascarade ne reflétant pas la volonté du peuple centrafricain.

Le Bloc républicain pour la défense de la constitution (BRDC) accuse l'autorité nationale des élections (ANE) d'avoir organisé des élections truquées, sous l'influence du pouvoir en place en Centrafrique. Il remet également en cause le rapport des observateurs de l'Union africaine, jugé fantaisiste et non crédible, estimant que l'institution serait en connivence avec les autorités. L'opposition dénonce par ailleurs la partialité de la Minusca, la Mission des Nations unies en Centrafrique, qu'elle accuse d'avoir cautionné un processus électoral non crédible. Pour décrisper la tension politique dans le pays, le BRDC exige un dialogue politique.

Il s'agit de la première sortie publique du BRDC depuis le lancement de la campagne le 13 décembre. Le collectif de 14 partis d'opposition et d'associations de la société civile, dénonce une mascarade électorale. Son porte-parole Martin Ziguélé s'en explique.

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« Le jour du 28 décembre, chacun d'entre nous a vu ce que le BRDC a toujours dit, que l'ANE ne peut pas maîtriser la volonté du pouvoir parce que le code électoral a disparu, la loi a disparu. Aucun texte de loi n'a été respecté. L'essentiel c'est qu'on puisse sortir des documents qu'ils appellent des procès verbaux pour dire que est en tête et il a gagné au premier tour. C'est la première fois qu'on voit comment un processus électoral a été capté de force par le pouvoir en place ».

Le BRDC exige l'ouverture d'un dialogue politique avec les autorités afin de restaurer, selon lui, les acquis démocratiques bafoués, précise Martin Ziguélé. « Nous allons continuer à nous battre sur le chemin du droit et de la politique avec le peuple centrafricain. La logique du pouvoir c'est la logique du coup d'État permanent. Ils l'ont fait pour changer la constitution, ils l'ont fait pour mettre en place un référendum illégal, ils l'ont fait pour participer à des élections alors qu'ils en n'ont pas le droit. C'est pourquoi le BRDC demande à nouveau un dialogue politique ».

En juillet dernier, le pouvoir a accepté un dialogue avec le BRDC mais a exigé que les opposants définissent d'abord les sujets à traiter, avant d'engager des négociations formelles.

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