À Madagascar, lundi 12 janvier, dans toutes les casernes de l'île, on célébrait la Journée des officiers. Une date fêtée chaque année depuis 1967 en référence à la première promotion d'élèves entrant à l'Académie militaire. Une journée à la saveur toute particulière du fait, aussi, que c'est un militaire qui a pris le pouvoir le 14 octobre 2025. En visite officielle à Abu Dhabi depuis hier, le colonel Michael Randrianirina, président de la refondation de la République de Madagascar a accueilli - par anticipation - ce week-end une centaine d'officiers au palais présidentiel. L'occasion pour lui de faire passer certains messages à ses frères d'armes.
« Nous ne ternirons pas l'image de l'armée malagasy » a lancé le colonel Michael Randrianirina, en préambule de son discours devant les officiers. « En ces temps difficiles pour Madagascar, nous devons avancer ensemble, dans l'unité » a souligné celui qui a accédé à la présidence en octobre 2025, à la suite d'une prise de pouvoir militaire.
« S'ils sont arrivés au pouvoir, c'est qu'il y a eu forcément des frustrations. Donc il est obligé d'appeler à l'unité pour ne pas créer d'autres sources de frustration au sein même de l'armée », explique Josie Dominique, chercheuse en sciences de la défense et spécialiste des questions sur les forces armées à Madagascar.
« Des points de tension par-ci et par-là »
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« S'il y a eu un rappel à l'ordre, dit-elle encore, c'est qu'ils ont des renseignements qui leur disent qu'il y a des points de tension par-ci et par-là. Donc ils font attention et je pense qu'ils sont les mieux placés pour savoir que les frustrations peuvent mener à un renversement. »
Pour rappel, juste avant la prise de pouvoir militaire en octobre 2025, l'armée de terre s'était désolidarisée de la gendarmerie. Les gendarmes ayant été pointés du doigt pour la répression violente engagée à l'encontre des manifestants.
« On n'est pas du tout dans l'escalade »
« Il y a eu de la part de la gendarmerie et de l'armée des rapprochements qui ont été faits juste après les nouvelles nominations pour repartir sur des bonnes bases. Est-ce que ça a été efficace ou pas ? Ça, je ne saurais pas vous dire », admet la chercheuse.
« Mais là où le président de la Refondation est quand même assez sage, c'est que dans chacun de ses discours, il a appelé à chaque fois l'apaisement et au rapprochement des forces. Donc on n'est pas du tout dans l'escalade ; encore moins de mise en avant d'une force sur l'autre », conclut-elle. Des voeux de cohésion, donc, pour une armée appelée à marcher main dans la main avec le gouvernement de transition.