La natation est l'une des disciplines qui rapportent des consécrations au Sénégal sur le plan international. Avec notamment Oumy Diop qui s'illustre dans les bassins africains et mondiaux où elle a remporté plusieurs médailles. Dans cette interview, le président de la Fédération sénégalaise de natation et de sauvetage évoque les défis de ce sport au Sénégal. Il estime que la prévention des noyades est une mission fondamentale de sa structure.
Comment se porte, aujourd'hui, la natation au Sénégal ?
La natation sénégalaise est en progression, mais elle reste en phase de structuration. Nous constatons un regain d'intérêt, notamment chez les plus jeunes, une augmentation progressive du nombre de licenciés et une meilleure organisation des compétitions nationales. Toutefois, nous devons reconnaître que le potentiel est encore largement sous-exploité. Notre rôle, en tant que fédération, est justement de transformer cet engouement en résultats durables, grâce à une meilleure gouvernance, des infrastructures adaptées et un encadrement qualifié.
Quels sont, selon vous, les principaux défis à relever pour développer cette discipline dans notre pays ?
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Les défis sont multiples. Le premier reste l'insuffisance d'infrastructures aquatiques accessibles et fonctionnelles sur l'ensemble du territoire. Le deuxième concerne la formation et la professionnalisation des encadreurs techniques. Enfin, nous faisons face à un défi financier, car la natation est une discipline exigeante en moyens. À cela s'ajoutent la nécessité de renforcer la culture sportive et la pratique régulière dès le plus jeune âge.
La natation est aussi un enjeu de sécurité. Quelles actions menez-vous pour prévenir les noyades ?
La prévention des noyades est une mission fondamentale de la Fédération sénégalaise de natation et de sauvetage. Nous menons des programmes de sensibilisation à la sécurité aquatique, de formation de maîtres-nageurs sauveteurs et d'initiation à la natation, notamment en milieu scolaire et communautaire. Dans un pays côtier comme le Sénégal, apprendre à nager et connaître les règles de sécurité aquatique est une nécessité, pas un luxe.
De même qu'aujourd'hui, l'apprentissage de la natation à l'école reste insuffisamment structuré et généralisé. Il existe des initiatives ponctuelles, mais elles doivent être renforcées et systématisées. La Fédération plaide pour une meilleure intégration de la natation et de la sécurité aquatique dans les programmes scolaires, en partenariat avec les ministères concernés, car c'est dès l'enfance que se construit une véritable culture aquatique.
Pour ce faire, nos grands chantiers s'articulent autour de plusieurs axes : le renforcement de la gouvernance et de la transparence de la Fédération, la structuration des clubs et des ligues, le développement de la pratique de masse et de la détection des talents, la formation des encadreurs et officiels et la promotion de la sécurité aquatique. Notre ambition est de bâtir une natation sénégalaise inclusive, performante et durable, capable de répondre aux enjeux sportifs, éducatifs et sociaux de notre pays.
Êtes-vous satisfaits du niveau des nageurs sénégalais sur la scène internationale ?
La Fédération a placé la formation au coeur de sa stratégie. Nous organisons régulièrement des stages de détection et de perfectionnement pour les jeunes nageurs, en collaboration avec les clubs et les ligues régionales. Parallèlement, nous investissons dans la formation continue des entraîneurs, des officiels techniques et des sauveteurs, souvent avec l'appui de partenaires nationaux et internationaux. L'objectif est clair : garantir un encadrement de qualité, conforme aux standards africains et internationaux.
Sur le plan africain, le Sénégal progresse de manière encourageante, notamment dans les catégories jeunes. Nous ne faisons pas encore partie des grandes nations dominantes de la discipline, mais nos nageurs gagnent en expérience et en compétitivité. À l'international, le défi est plus important, mais certaines performances et participations régulières aux compétitions continentales et mondiales montrent que le Sénégal a un vivier de talents qu'il faut accompagner sur le long terme.
Quels sont les objectifs que la Fédération s'est fixés en vue des prochaines compétitions africaines et des Jeux olympiques de la jeunesse (Joj) « Dakar 2026 » ?
Notre priorité est de présenter des athlètes bien préparés, compétitifs et fiers de représenter le Sénégal. Pour « Dakar 2026 », qui est un évènement historique pour notre pays et pour l'Afrique, nous voulons, non seulement participer, mais aussi, élever le niveau de performance de nos nageurs. Cela passe par un programme spécifique de préparation, un suivi technique renforcé et une meilleure exposition internationale de nos meilleurs profils.