Cameroun: Maroua assoiffée - 15 ans d'attente pour les forages promis par Paul Biya

13 Janvier 2026

La promesse avait pourtant été solennelle. En 2011, durant sa campagne présidentielle à Maroua, Paul Biya s'était engagé à réaliser 3 000 forages d'eau dans les régions septentrionales du Cameroun. Quinze années se sont écoulées, et les quartiers de la capitale de l'Extrême-Nord attendent toujours.

Le constat sur le terrain est amer. Aucun des forages promis n'a vu le jour. Récemment, un camion-citerne de la Camwater a dû être dépêché pour fournir une aide d'urgence à des habitants en détresse. Ce geste, aussi nécessaire soit-il, ne fait que souligner l'absence criante de solution durable et le gouffre entre les discours politiques et la réalité.

Cette crise de l'eau n'est malheureusement pas un cas isolé. Elle s'inscrit dans une négligence systémique des services de base. Un rapport accablant sur le bilan du régime Biya pointait déjà que dans les régions du Nord, de l'Extrême-Nord et de l'Adamaoua, seul un tiers de la population avait accès à l'eau potable. La majorité est contrainte de se partager des points d'eau non protégés avec le bétail, une situation à l'origine de maladies hydriques comme le choléra.

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À Maroua, le manque d'infrastructures hydrauliques est un problème chronique qui transforme le quotidien en parcours du combattant. Les femmes et les enfants passent des heures à la recherche du précieux liquide. Les conséquences sur la santé publique, l'éducation et l'économie locale sont désastreuses. Cette incurie interroge sur la valeur d'une parole présidentielle.

La promesse des 3 000 forages est-elle tombée dans l'oubli des priorités politiques ? Les populations du Nord doivent-elles se résigner à une citoyenneté de seconde zone, où même l'eau, source de vie, reste un privilège ?Alors que la colère gronde dans le silence, une question demeure : jusqu'à quand les habitants de Maroua devront-ils dépendre de la bonne volonté des citernes, au lieu de compter sur la réalisation des engagements pris en leur nom ?

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