Après près de trois ans de suspension, la délivrance des agréments de comptoirs d'or a repris à Madagascar, ravivant l'espoir pour le secteur aurifère et pour l'économie nationale. Entre 2016 et 2020, des licences avaient été régulièrement accordées. Mais en septembre 2020, l'État avait suspendu à la fois l'octroi des agréments et les activités d'exportation d'or, face à l'ampleur de la contrebande.
Cette suspension a été levée en 2023, après l'adoption d'une nouvelle version du Code minier. Depuis le 17 avril 2023, des agréments d'une validité d'un an ont de nouveau été délivrés. En 2024, trente sociétés ont déposé des dossiers auprès de la Centrale de l'or (COM).
Parmi elles, toutes remplissaient les conditions requises et sont actuellement en attente de validation officielle par le Conseil des ministres. Ces licences permettront aux détenteurs d'acheter de l'or sur tout le territoire national, auprès des titulaires de permis d'exploitation (PE), des permis réservés aux exploitants artisanaux (PREA), ainsi que des collecteurs et groupements d'orpailleurs artisanaux.
Secteur clé
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Selon le dernier rapport de l'Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE Madagascar), publié le 31 décembre 2025, le secteur aurifère représente un secteur clé pour l'économie du pays. Entre 2020 et 2023, l'UN Comtrade recense près de 4,167 tonnes d'or exportées, malgré l'interdiction officielle. À l'inverse, l'Agence nationale de l'or n'a enregistré aucune exportation officielle sur la même période, mettant en relief le manque de transparence et la persistance des flux illicites.
Le rapport met également en avant les dispositifs mis en place pour améliorer la traçabilité : le Guichet unique d'exportation (GUE) réunit plusieurs administrations afin de contrôler les exportations légales, et des saisies importantes d'or et de pierres précieuses ont été réalisées à l'aéroport d'Ivato.
Du côté du ministère des Mines, on précise : « La reprise des agréments doit se faire dans la transparence totale. Nous voulons que chaque comptoir respecte la traçabilité de l'or et que l'État bénéficie enfin des revenus qu'il est en droit de percevoir ». Un autre responsable ajoute : « Notre objectif est de canaliser l'or vers des circuits légaux pour que le secteur artisanal ait un accès sécurisé au marché et que la contrebande soit progressivement réduite ».
Si les agréments sont délivrés et gérés correctement, les retombées pour Madagascar pourraient être significatives : augmentation des exportations officielles, meilleure valorisation de l'or, recettes fiscales et parafiscales stables, meilleur apport en devises pour la Banque centrale, renforçant les réserves en devises et la stabilité de l'ariary, et intégration des exploitants artisanaux dans l'économie formelle. Le rapport ITIE rappelle toutefois que le succès dépendra de la transparence et du contrôle strict des opérations.