Monsieur le Directeur, l'année 2025 a été particulièrement riche en annonces pour Yango. Quel bilan en tirez-vous ?
2025 a été une année de consolidation et de transformation pour Yango en Côte d'Ivoire. L'inauguration de notre bureau régional africain à Abidjan en juillet a marqué un tournant stratégique majeur. Ce hub coordonne aujourd'hui nos opérations dans la sous-région et confirme le rôle central de la Côte d'Ivoire dans notre développement continental. Au-delà de ce symbole fort, l'année a été marquée par le lancement de nouveaux services, le renforcement de partenariats structurants et un engagement social accru. Nous avons posé les bases d'un écosystème plus diversifié et plus durable.
Parlons de cette diversification. En février, vous avez lancé Goya. Quelle était l'ambition derrière cette offre premium ?
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Avec Goya, nous avons souhaité répondre à une demande croissante pour une expérience de transport premium, alliant confort, sécurité et qualité de service. L'offre repose sur des véhicules récents et spacieux, ainsi qu'un processus de sélection encore plus rigoureux des chauffeurs. Goya s'adresse à une clientèle en quête d'un service haut de gamme complémentaire à notre offre classique. C'est une nouvelle étape dans l'évolution de Yango, qui illustre notre capacité à segmenter nos services tout en maintenant des standards élevés.
Vous avez également élargi votre offre de livraison de repas. Comment cela s'inscrit-il dans votre stratégie ?
La livraison de repas s'inscrit pleinement dans notre vision de SuperApp. Avec Yango Food, nous offrons aux utilisateurs un service pratique et fiable, tout en soutenant directement les restaurants partenaires. Nous avons élargi l'offre dans la commune de Marcory et plus récemment dans la ville de Grand-Bassam. Nous participons également à la formalisation de certains restaurateurs qui étaient encore dans l'économie informelle. C'est une contribution concrète à la structuration de l'économie numérique locale.
Plus récemment en Septembre, vous avez créé la surprise avec le lancement de Yango Motors. Pourquoi entrer dans le secteur automobile ?
Yango Motors répond à un besoin clé identifié sur le terrain : l'accès à des véhicules fiables, économes et adaptés aux réalités locales. En devenant distributeur officiel de marques comme Bestune et Kaiyi, nous proposons des solutions complètes incluant financement, service après-vente et disponibilité des pièces. Notre objectif est d'accompagner aussi bien les entrepreneurs du transport que le grand public, tout en préparant progressivement l'introduction de véhicules électriques pour une mobilité plus durable.
Vous avez récemment renforcé votre dispositif de sécurité. Qu'est-ce qui a changé concrètement ?
Nous avons déployé une nouvelle version de notre parcours de sécurité intégrant des checklists personnalisées. Les utilisateurs peuvent désormais suivre en temps réel les mesures de protection activées pendant leurs trajets. Le centre de sécurité a également été repensé pour accompagner les passagers avant et pendant leurs déplacements, avec des actions simples comme l'ajout de contacts de confiance ou la vérification des informations personnelles. C'est un engagement fort pour renforcer la confiance sur la plateforme.
Le volet social et éducatif semble occuper une place importante dans vos actions. Parlez-nous du Yango Fellowship.
Le Yango Fellowship est l'un de nos programmes phares. Lancé en partenariat avec la Fondation Benianh International, il offre des bourses d'étude à des étudiants en Sciences, Technologie, Ingénierie et Mathématiques (STIM). En plus du soutien financier, les bénéficiaires profitent également de mentorat, d'ateliers de développement de compétences et d'opportunités de networking.
Nous investissons dans l'enseignement des STEM et la culture numérique afin que les citoyens, les entreprises et les communautés puissent pleinement utiliser, contribuer et bénéficier de l'infrastructure numérique de la ville, préparant ainsi l'ensemble de la société à l'économie numérique de demain. Nous avons récemment lancé l'expansion panafricaine du programme avec Abidjan comme centre régional de coordination.
Après un lancement réussi en Zambie et en Côte d'Ivoire, Yango a étendu fin 2025 le programme à 4 autres pays où Yango opère : le Sénégal, le Ghana, la Mozambique et l'Éthiopie. Notre ambition est de former une nouvelle génération de talents africains, parce que nous croyons fermement que la transformation numérique repose avant tout sur le capital humain.
Avec toutes ces réalisations, quel regard portez-vous sur la contribution de Yango à l'économie ivoirienne ?
Notre contribution est à la fois économique et sociale. Yango mobilise des dizaines de milliers de partenaires et soutient des centaines d'entreprises locales. Nous avons également contribué au rajeunissement du parc automobile et à la structuration du secteur du transport.
Grâce à nos différents services, de la mobilité à la livraison en passant par le e-commerce, nous participons activement à la formalisation de l'économie numérique ivoirienne et à la création d'emplois durables. Notre collaboration avec le Ministère de l'Emploi et de la Protection Sociale pour intégrer les chauffeurs et coursiers partenaires à la CMU et au régime social des travailleurs indépendants renforce la protection sociale. Nous ne sommes pas qu'une plateforme technologique, nous sommes un véritable acteur du développement économique et social de la Côte d'Ivoire.
Quelles sont vos perspectives pour 2026 et au-delà ?
2026 sera placée sous le signe de l'ancrage et de l'expansion. Nous poursuivrons le déploiement de Yango Motors, l'extension de nos services dans d'autres villes et le renforcement de nos partenariats financiers et institutionnels. À long terme, notre ambition est claire : faire de Yango un partenaire technologique de référence en Côte d'Ivoire et en Afrique, capable de créer des opportunités économiques, de former des talents et d'améliorer durablement la qualité de vie.