Sadio Mane et Mohamed Salah seront certes attendus lors de la demi-finale de la CAN devant opposer demain mercredi 14 janvier au stade Ibb Batouta de Tanger, Senegal-Egypte. Mais cette rivalité entre Pharaons et Lions qui est déjà inscrite dans le marbre du football africain sera davantage accentué par le duel Pape Bouna Thiaw-Hossam Hassan.
Pape Bouna Thiaw (44 ans) va affronter demain mercredi 14 janvier 2026 au stade Ibn Batouta de Tanger, Hossam Hassan (59 ans). La jeunesse contre l'expérience. L'ambition face à la ruse. Deux anciens internationaux qui ont défendu honorablement les couleurs de leur pays respectifs en tant que joueurs et qui ambitionnent de toucher le graal en tant que sélectionneurs.
Le Pharaon trône sur le toit de la pyramide avec trois trophées continentaux. Il est sans conteste l'un des plus grands joueurs du continent. Ses 176 capes, 69 buts et trois Coupes d'Afrique des nations remportées (1986, 1998 et 2006) font aussi de lui, le meilleur joueur de l'Egypte.
Après sa retraite internationale, il a dirigé la sélection jordanienne en 2013-2014, ainsi que plusieurs équipes locales telles qu'Al Masry, Zamalek et Pyramids.
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Le 6 février 2024, la Fédération égyptienne de football (EFA) officialise sa nomination au poste de sélectionneur de l'Égypte, le troisième en deux ans. Ce qui témoigne de l'instabilité du poste et de la crise en sein de la sélection. Il succède ainsi au Portugais Rui Vitoria avec une ambition de redonner à l'Egypte son lustre d'antan. Son histoire (7 CAN) auquel, il a largement contribué.
L'EFA a également communiqué par la même occasion le nom de son adjoint qui n'est autre que son frère jumeau Ibrahim Hassan.
Côté sénégalais, Pape Thiaw n'est pas moins bien loti que son homologue. Après une brillante victoire au Championnat d'Afrique des nations à Alger en 2022, l'ancien attaquant des Lions et de la Génération 2002 (finale de CAN et quart de finale de coupe du monde), intègre la sélection nationale A en tant qu'adjoint de Aliou Cissé.
Toutefois, face au refus de l'Etat de prolonger le contrat de l'ancien Capitaine des Lions et surtout la situation économique du Sénégal, Pape Thiaw qui, avait fini quand même de démontrer ses capacités managériales en tant qu'intérimaire, hérite du poste avec une mission aux allures des 12 travaux d'Hercule : Qualifier le Sénégal à la coupe du monde et remporter le titre continental au soir du 18 janvier 2026.
Et dire qu'en ce moment précis, les Lions pointaient à la 3eme place de leur groupe derrière le Soudan et la Rd Congo.
Thiaw ne tremble pour autant pas. Il va même remporter la bataille de Kinshasa face à la Rd Congo, dans son antre du stade des Martyrs. Menés (2-0) à la demi-heure de jeu, les Lions réalisent une remontada qui restera dans l'histoire du football africain (2-3). Ce score final propulse le Sénégal à la première place sur la route de Etats-Unis 2026.
Pape Thiaw enchaine avec une victoire à Juba (0-5) devant le Sud Soudan avant de composter son ticket devant la Mauritanie battue (4-0) stade du Président Abdoulaye Wade de Diamniadio.
Une performance XXL qui atténue les critiques des sceptiques sur ses capacités de gérer la sélection sénégalaise. L'humilité et la modestie en bandoulière, Pape Thiaw avance lentement mais surement.
Deux styles différents
Pape Thiaw n'arrête pas de marteler qu'il dispose de 28 titulaires. Une communication savamment distillée pour bien gérer les egos des uns et des autres.
Sur le plan du jeu, il aime étouffer ses adversaires avec des possessions de balle qui frôlent l'indécence. Souvent jusqu'à plus de 70 % comme c'était le cas contre le Mali en quarts de finale à seulement 30 minutes de jeu.
A l'opposée, Hossam Hassan laisse l'initiative du jeu à son adversaire et s'appuie sur des contre-attaques éclairs qui finissent souvent par faire mal. A l'image de son match contre la Cote d'Ivoire. Excellents sur les coups de pied arrêtés, les Pharaons savent se montrer cliniques devant les buts. Tout le contraire des attaquants sénégalais qui brillent pour leur inefficacité offensive.
Hossam Hassan tout de même réfute ce reproche que l'on colle aux Pharaons: "Nous adaptons notre style de jeu en fonction de chaque match, des caractéristiques de nos joueurs et de la nature de l'adversaire", se défend-t-il.
Quant à Pape Thiaw qui récuse lui aussi l'inefficacité offensive des Lions. Il préfère plutôt mettre le curseur sur la capacite de son équipe à se créer des occasions.
Boucliers de Mane et Salah
Pape Thiaw tout comme Hossam Hassane dispose dans son rang une star qui sera très attendue. Du cote sénégalais, il s'agit de Sadio Mane. A l'opposée, l'arme fatale de l'Egypte reste Mo Salah. Conscient de l'importance de leur joueur et surtout de leur expérience, les deux coaches s'érigent en leur bouclier face aux critiques.
Selon Hossam Hassan : « Tous les footballeurs du monde connaissent des moments où ils peuvent avoir des divergences d'opinions avec le staff technique de leur club (Salah contre le coach de Liverpool, Arend Slot). Cependant, la communication entre nous a toujours été ouverte. Quand il a rejoint le stage d'entraînement, j'ai senti que Mohamed (Salah) avait une grande ambition. Depuis que j'ai pris les rênes de l'équipe nationale il y a environ deux ans, il a connu des baisses de forme, que ce soit au niveau des buts marqués ou dans d'autres domaines. Pourtant, il se redécouvre toujours à travers l'équipe nationale. Il se retrouve ici avec nous, le staff et ses coéquipiers, et il retourne dans son club encore meilleur qu'avant ».
Et d'ajouter : « Si vous remarquez, à chaque fois qu'il revient de l'équipe nationale, surtout après avoir contribué à des buts ou en avoir marqué, il réalise des performances de très haut niveau avec Liverpool. Je pense que Salah sera l'un des meilleurs joueurs du tournoi, soutenu par ses coéquipiers et le staff technique. Il reste une icône et l'un des meilleurs joueurs au monde. Je le soutiens à tous les niveaux, tant sur le plan technique que mental. Les supporters égyptiens ne doivent pas oublier que Mohamed Salah a besoin de remporter la Coupe d'Afrique des nations. Il doit s'aider lui-même, et nous, le staff, les joueurs et les supporters, devons également le soutenir. J'ai pleinement confiance en lui et en toute l'équipe. À voir son moral à l'entraînement avec ses coéquipiers, c'est comme s'il se redécouvrait, tout comme à ses débuts avec l'équipe nationale. »
Quant à Pape Bouna Thiaw, il tient aussi à protéger Sadio Mane. A la limite, il l'idolâtre. « Je pense qu'aujourd'hui, si Pape Gueye ne marque pas les deux buts, Sadio Mané aurait été élu homme du match. Il a été vraiment remarquable. Depuis le début du tournoi, il est performant sur tous les plans. Je pense qu'un joueur comme ça, c'est une chance de l'avoir dans un effectif. Au fil des matches, il monte en puissance et je trouve que c'est super. », soutient-il. A ceux qui estiment qu'il faut ménager l'ancien attaquant de Liverpool, Pape Thiaw répond : « Sadio Mane est notre Cristiano Ronaldo et notre Lionel Messi »