Réunis à Dakar, samedi 10 janvier 2026, des organisations de la société civile, des partis politiques de gauche et des militants (et militantes) sénégalais ont vigoureusement condamné l'attaque menée, dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026, contre Caracas, capitale du Venezuela. Un texte liminaire, lu par Souleymane Guèye de FRAPP/France Dégage, a servi de socle à une prise de position collective dénonçant une «violation flagrante du droit international» et une atteinte grave à la souveraineté du peuple vénézuélien.
Selon le collectif, cette attaque ordonnée par le président américain Donald Trump s'est soldée par des pertes humaines, d'importants dégâts matériels et surtout par l'enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse. Un acte qualifié de «crime odieux» et de «prise d'otages politique», motivé, selon les intervenants, par la volonté des États-Unis d'Amérique de mettre la main sur les immenses ressources naturelles du Venezuela, notamment son pétrole, nationalisé sous l'ancien président Hugo Chávez.
Le texte liminaire alerte également sur une dynamique plus large : celle d'un impérialisme américain en déclin, prêt à recourir à la force pour imposer des changements de régime en Amérique Latine et au-delà. Le collectif y voit une menace directe pour les régimes progressistes de la région, mais aussi pour d'autres pays du Sud global, y compris en Afrique.
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
Prenant la parole, Samba Ndong, chargé des Affaires extérieures du Parti de l'Indépendance et du Travail (PIT), a insisté sur le fait que ce qui se passe au Venezuela «ne nous est pas lointain». Il a rappelé la forte présence stratégique des États-Unis d'Amérique au Sénégal et appelé les autorités sénégalaises à prendre une position claire. «Le Sénégal a une voix écoutée à l'ONU et à l'Union Africaine. Il doit l'utiliser pour condamner cet acte», a-t-il déclaré, mettant en garde contre les convoitises autour des nouvelles découvertes pétrolières sénégalaises.
De son côté, Mamadou Diop Decroix, secrétaire général de AJ/PADS, en appelle à aller au-delà des simples déclarations de principe. Pour le leader politique, il est urgent de mettre en place un comité d'initiative chargé de bâtir une plateforme unitaire rassemblant partis, syndicats et organisations sociales. «Dénoncer, c'est nécessaire, mais ce n'est pas suffisant. Il faut s'organiser pour faire front», a-t-il martelé.
Diagne Fodé Roland, fondateur du cadre unitaire «100 Afrique», a inscrit l'événement dans une perspective historique plus large, évoquant une «fascisation» des États-Unis d'Amérique comparable, selon lui, aux dérives des années 1930 en Europe. Pour lui, l'attaque contre le Venezuela doit provoquer un sursaut mondial et accélérer la convergence des forces progressistes, notamment autour des dynamiques Sud-Sud et des BRICS.
Au terme de la rencontre, le collectif a exigé la libération immédiate de Nicolás Maduro et de son épouse. Aussi a-t-il appelé à une solidarité active avec la Révolution bolivarienne et invité les peuples et gouvernements du Sud global à renforcer leur coopération pour contrer l'hégémonie impérialiste. À Dakar, la mobilisation se veut un point de départ, avec l'ambition affichée de transformer l'indignation en action politique durable.