Face au défi de reconstituer le couvert végétal, le Togo veut mieux gérer ses semences forestières en lançant le Centre national de semences forestières (CNSF), une structure appelée à jouer un rôle central dans la politique de reboisement du pays.
Pour le ministre de l'Environnement, Komla Dodzi Kokoroko, le CNSF a pour objet de contribuer au développement forestier national par la mise à disposition de matériel végétal de bonne qualité physiologique, génétique et sanitaire, adapté aux différentes zones agroécologiques du pays.
Cette exigence de qualité est cruciale. Trop souvent, les programmes de reboisement échouent non par manque de volonté, mais parce que les plants utilisés sont inadaptés au climat local, génétiquement faibles ou malades. Le résultat : des taux de survie médiocres et des investissements perdus.
Le CNSF aura comme première mission de prospecter l'aire naturelle de répartition des espèces forestières ligneuses, en vue d'identifier les peuplements naturels à graines. Il s'agit de recenser les arbres indigènes les plus robustes et les mieux adaptés, dont les semences pourront être collectées et multipliées.
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Le centre sera également chargé d'identifier les espèces exotiques d'intérêt introduites ou à introduire au Togo, en vue de disposer d'un matériel végétal de qualité adapté aux conditions locales. Certaines essences étrangères peuvent en effet s'avérer plus résistantes ou à croissance plus rapide que les espèces locales pour certains usages spécifiques.
La création du CNSF répond à un enjeu environnemental majeur. Le Togo, comme de nombreux pays de la sous-région, fait face à une déforestation préoccupante. Les forêts reculent sous la pression de l'agriculture, de l'exploitation du bois de feu et de l'urbanisation. La reconstitution du couvert végétal est devenue une urgence pour lutter contre l'érosion des sols, préserver la biodiversité et atténuer les effets du changement climatique.