Ile Maurice: Jean Claude de l'Estrac - «Bérenger est un atout pour le gouvernement... Et sera une épine dans l'opposition»

interview

Paul Bérenger avait proposé au Premier ministre que le poste de ministre des Finances soit occupé par une autre personne, un «fullfledged minister», pour le bien du pays. Navin Ramgoolam a refusé cette proposition. Quelle est votre analyse de ce refus ?

C'est apparemment vrai et à juste raison que Bérenger ait proposé la nomination d'un ministre à plein temps. L'objection du Premier ministre était que, constitutionnellement, il ne pouvait pas augmenter le nombre de ministres. C'est vrai.

C'est alors apparemment que Bérenger a formulé sa proposition. J'imagine que Navin Ramgoolam a aussi réfléchi aux conséquences d'une fin de non-recevoir. Pousser Bérenger dans l'opposition n'est pas une bonne idée politique au moment où une grande partie de la population est présentement très critique du gouvernement, que ce soit pour de bonnes comme de mauvaises raisons. La situation socio-politique exige un apaisement, pas un chambardement.

Quelle est votre analyse de la dynamique qui existe au sein de l'Alliance du changement après que Paul Bérenger a finalement décidé de rester au gouvernement en novembre dernier ?

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Il y a deux courants : il y a une aile, principalement au Parti travailliste, qui va être soulagé de ne plus avoir Bérenger dans les pattes. Il n'est pas facile en effet ; il n'a pas cessé de souffler dans le cou de ses collègues ministres. Cette oppression n'est pas toujours négative ; Bérenger pousse à l'action mais il ne s'embarrasse pas de la manière. Il s'est fait beaucoup d'ennemis. Il y a un courant qui ne s'exprime pas mais qui reconnaît en privé que malgré son manque d'intelligence émotionnelle, Bérenger est un atout pour le gouvernement. Et il sera une épine dans l'opposition. Bérenger backbencher, c'est une transition.

Est-ce que selon vous Paul Bérenger fait face à une fronde d'une section jeune de son parti ?

Je ne suis pas sûr que le clivage soit d'ordre générationnel. Il oppose ceux qui ont une culture de gouvernement que quelques jeunes idéologues appellent les «pouvoiristes» et ceux qui ne se sentent vertueux que dans l'opposition. Il y a aussi sans doute un enjeu de personnes et d'ambitions.

Paul Bérenger avait évoqué les dossiers concernant Air Mauritius, l'Economic Development Board, la lutte contre la drogue, etc. Qu'est-ce que le Premier ministre adjoint pouvait apporter sur ses dossiers selon vous ?

Je ne vais pas répondre à sa place. C'est un homme de dossiers. On peut compter sur lui pour les étudier à la virgule près et prendre la meilleure décision pour le pays.

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