La majorité des citoyens estiment que le gouvernement devrait intensifier ses efforts pour garantir l'égalité des droits et des chances pour les femmes.
Key findings
- Au Burkina Faso, le niveau d'instruction était presque égalitaire entre les sexes, mais plus de la moitié (55%) des femmes n'avaient aucune instruction formelle - le même taux que pour les hommes.
- Les femmes étaient en retrait par rapport aux hommes dans la possession de certains biens essentiels (notamment les téléphones portables, les voitures ou moto, les ordinateurs et les comptes bancaires) et pour participer aux décisions financières du ménage.
- Plus de six Burkinabè sur 10 (63%) ont rejeté l'idée que les hommes devraient être prioritaires sur les femmes lors de l'embauche lorsque les emplois sont rares.
- Environ deux tiers (65%) ont dit que les femmes devraient avoir les mêmes droits que les hommes en matière de propriété et d'héritage fonciers.
- Alors que 64% des citoyens ont affirmé que les femmes bénéficient effectivement de l'égalité des chances en matière d'embauche, seuls 40% ont tenu le même discours en ce qui concerne la propriété foncière.
- Sept Burkinabè sur 10 (70%) ont estimé que les femmes devraient avoir les mêmes chances que les hommes d'être élues à des postes politiques. o Mais alors que la plupart des citoyens (72%) ont pensé qu'une femme gagnerait en prestige dans la communauté si elle se présente aux élections, 60% ont pensé qu'elle risque d'être critiquée ou harcelée par d'autres membres de la communauté.
- Bien que plus de la moitié (54%) des citoyens ont affirmé que le gouvernement fait un travail « assez » ou « très » bon pour promouvoir l'égalité des sexes, 72% ont estimé que le gouvernement devrait intensifier ses efforts pour garantir l'égalité des droits et des chances pour les femmes.
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L'autonomisation des femmes est essentielle à la construction d'une société prospère et durable. Comme le souligne le Groupe de la Banque Mondiale (2024, p. ix), « l'égalité des sexes est une question d'équité et de justice, et elle est également indispensable au développement ».
Bien que le Burkina Faso ait pris des mesures pour promouvoir l'égalité des sexes par le biais de cadres et d'engagements nationaux, d'importantes disparités persistent, notamment en matière de représentation et de leadership politiques des femmes. Ceci reflète une tendance mondiale plus large identifiée par ONU Femmes (2024), qui constate que les inégalités entre les sexes en matière de pouvoir et d'opportunités restent généralisées. Le classement du Burkina Faso au 120e rang sur 146 pays dans l'Indice Mondial de l'Ecart entre les Sexes du Forum Economique Mondial (2024) souligne l'ampleur de ces défis et les obstacles que les inégalités entre les sexes font peser sur le développement du pays (Karambiri et al., 2024).
Le gouvernement du Burkina Faso a réaffirmé son engagement envers les Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations Unies, dont l'ODD No. 5 vise à instaurer l'égalité des sexes et à autonomiser toutes les femmes et les filles. La Stratégie Nationale pour l'Egalité des Sexes 2020-2024 du gouvernement a pour objectif d'autonomiser les femmes et les filles tout en promouvant l'équité aux niveaux central, local et communautaire.
Le Programme Intégré pour l'Autonomisation des Femmes au Burkina Faso s'attaque aux inégalités en renforçant les opportunités économiques, politiques et sociales des femmes (Burkina Faso, 2022). Une loi instaurant des quotas de genre impose qu'au moins 30% des candidats sur les listes électorales soient des femmes, afin d'accroître leur représentation (Assemblée Nationale, 2020). Cependant, en 2025 seulement 18,3% des membres de l'Assemblée Législative de la Transition au Burkina Faso sont des femmes (Union Interparlementaire, 2025).
Cette dépêche fait état d'un module d'enquête spécial inclus dans le questionnaire Afrobarometer Round 9 (2021/2023) pour explorer les expériences et les perceptions des Africains en matière d'égalité des sexes dans le contrôle des actifs, l'embauche, la propriété foncière et le leadership politique.
Au Burkina Faso, le niveau d'instruction était presque égalitaire entre les sexes, mais les femmes étaient moins bien loties que les hommes en matière de propriété des biens essentiels et d'autonomie financière. Une forte majorité de répondants se sont prononcés en faveur de l'égalité des droits pour les femmes en matière d'embauche, de propriété foncière et d'éligibilité en politique, même si les hommes y étaient moins favorables.
En pratique, seule une minorité de répondants ont affirmé que les femmes jouissent de droits égaux en matière de propriété foncière et d'héritage. Et une large majorité de citoyens ont estimé probable que les femmes candidates à des élections soient victimes de critiques ou de harcèlement.
Globalement, une majorité de Burkinabè ont approuvé l'action du gouvernement en matière de promotion de l'égalité des droits et des chances pour les femmes, mais ont estimé que des efforts supplémentaires sont nécessaires.
Marcelline Amouzou is a PhD student in political science at the University of Florida.