Déjà deux semaines au Cameroun depuis l'évocation par Paul Biya dans son discours pour la nouvelle année d'un « nouveau gouvernement » à venir dans « les prochains jours ». Laissant à l'interprétation de chacun la notion de « prochains jours », c'est en tout cas la première fois que Paul Biya annonce lui-même l'avènement d'un remaniement, lui qui en a pratiqué plus de trente en 43 ans. Le gouvernement actuel, dirigé par le Premier ministre Joseph Dion Ngute, est en place depuis sept ans, sans nouvelle nomination, malgré des décès et des démissions de ministres, dont celles de Bello Bouba Maïgari et de Issa Tchiroma Bakary, candidats à la présidentielle d'octobre dernier, et plusieurs scandales, notamment financiers.
En Côte d'Ivoire, beaucoup d'attentes dans les rangs du parti présidentiel. Selon le directeur de la propagande du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), Christophe Mien Zock : « Cette élection présidentielle a bien montré que les Camerounais étaient mécontents sur la gouvernance, sur certains résultats en termes d'infrastructures ».
Pour lui, dans son discours, Paul Biya a esquissé un portrait robot de la future équipe. « De la probité, de l'intégrité. Pour nous, ça revient à dire que le président est conscient du fait qu'à certains moments on s'est détournés de ces idéaux du renouveau. (...) Et donc cette annonce ne peut que plonger les militants dans une certaine confiance. Mais, comme on le dit souvent, on attend de juger les maçons au pied du mur ».
Au Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN) de Cabral Libii, déclaré troisième à la présidentielle, on se dit tournés vers les législatives et municipales, mais disponibles en cas d'appel, comme l'explique le porte-parole, Richard Tamfu.
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« Je ne sais pas si, dans sa vision, il entend former un gouvernement inclusif, mais, nous au PCRN, nous n'avons pas une posture de rejet. (...) si d'aventure nous étions sollicités pour servir les Camerounais. Donc, nous allons répondre présent ».
Pour l'opposante de l'Union démocratique du Cameroun (UDC), Hermine Patricia Tomaïno Ndam Njoya, en revanche, rien à attendre d'un remaniement. « Non, ça ne sera pas un changement réel, puisqu'on a, on a une expérience depuis 1991. Il y a des personnes qui rentrent, leurs projets sont noyés dans le projet d'un régime qui ne veut pas ouvrir dans le cadre d'une union nationale ». Pour elle, seule une réelle union nationale avec pour feuille de route un changement de constitution et de code électoral peut sortir le Cameroun de l'impasse.
Au Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) de Maurice Kamto, on ne veut même pas commenter, contestant la légitimité du huitième mandat entamé par Paul Biya.