Afrique: Communiqué de la 1320eme réunion tenue le mardi 16 décembre 2025 sur le Système continental d'alerte précoce et les perspectives continentales en matière de sécurité

communiqué de presse

Adopté par le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union africaine (UA) à sa 1320e réunion tenue le mardi 16 décembre 2025 sur le Système continental d'alerte précoce et les perspectives continentales en matière de sécurité.

Le Conseil de paix et de sécurité,

Rappelant le Protocole relatif à la création du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine, en particulier les articles 7 et 12 sur la prévention des conflits, l'alerte précoce et l'action rapide ; l'Aspiration 4 de l'Agenda 2063, la Feuille de route principale de l'UA sur les mesures pratiques pour faire taire les armes à l'horizon 2030 ;

Rappelant également ses décisions et déclarations antérieures sur l'alerte précoce et les perspectives continentales en matière de sécurité, en particulier le Communiqué [PSC/PR/COMM.1298 (2025)] adopté à sa 1298e réunion, tenue le 27 août 2025, portant communication sur le Système continental d'alerte précoce (CEWS) « Cartographie des risques et des menaces » ;

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Notant l'allocution d'ouverture de S.E. l'Ambassadeur Ennio Maes, Représentant permanent de la République de Côte d'Ivoire auprès de l'UA et Président du CPS pour le mois de décembre 2025, et la déclaration liminaire de S.E. l'Ambassadeur Bankole Adeoye, Commissaire de l'UA aux affaires politiques, à la paix et à la sécurité, lue en son nom par Mme Patience Chiradza, Directrice de la gouvernance et de la prévention des conflits ;

Notant également les communications de M. Jackson Victor Hamata, Secrétaire exécutif du Comité des services de renseignement et de sécurité d'Afrique (CISSA), de M. Lallali Idris Lakhdar, Directeur par intérim du Centre de l'UA pour la lutte contre le terrorisme de l'Union africaine (AU CTC), et du représentant du Mécanisme de coopération policière de l'Union africaine (AFRIPOL) ; et

Agissant en vertu de l'article 7 de son Protocole, le Conseil de paix et de sécurité :

1. Salue les efforts concertés de l'AUC-CT, de l'AFRIPOL et du CISSA et leur soutien continu au renforcement des capacités techniques des États membres pour identifier les signes avant-coureurs de conflits et de crises potentiels, ainsi que d'autres menaces à la paix, à la sécurité et à la stabilité sur le continent, et demande à la Commission de l'Union africaine de continuer à fournir le soutien nécessaire à ces agences spécialisées de l'UA ;

2. À cet égard, demande à la Commission de l'UA d'accélérer la mise en oeuvre du nouveau statut du Centre de l'UA pour la lutte contre le terrorisme (AUCTC) et accueille avec satisfaction la décision du 17e CTSDSS sur l'adoption du nouveau statut de l'AFRIPOL et la proposition de sa restructuration, ainsi que son appel à la Commission de l'UA de les soumettre aux organes de l'UA, conformément aux règles et procédures ;

3. Se déclare profondément préoccupé par les menaces croissantes que représentent la criminalité transnationale organisée, le terrorisme, l'extrémisme violent et la résurgence des changements anticonstitutionnels de gouvernement (CAG), ainsi que par l'escalade continue des conflits violents qui compromettent la paix, la sécurité, la stabilité et les efforts de développement sur tout le continent ;

4. Condamne sans appel tous les actes de terrorisme et d'extrémisme violent, ainsi que l'exploitation des communautés et le recours à l'économie illicite par les groupes armés; condamne également les attaques contre les civils et les biens civils, y compris les établissements d'enseignement, notamment l'enlèvement d'écoliers, le recrutement et l'utilisation d'enfants dans les conflits armés, en violation flagrante du droit international humanitaire (DIH) et du droit international relatif aux droits de l'homme (DIDH) ; et prévient fermement que les auteurs de ces crimes répondront de leurs actes déplorables et odieux ;

5. Souligne la nécessité d'une approche coordonnée qui permette à la fois de répondre aux problèmes de sécurité et de remédier aux causes structurelles sous-jacentes, notamment les déficits socio-économiques et de gouvernance qui continuent d'alimenter et de perpétuer les conflits violents et l'instabilité sur le continent ; et encourage les États membres, les Communautés économiques régionales et les Mécanismes régionaux (CER/MR) à adopter des approches pangouvernementales et pansociétales inclusives, globales et multidimensionnelles en vue de s'attaquer aux causes structurelles profondes et aux facteurs des conflits violents sur le continent ;

6. Souligne l'importance de redoubler d'efforts pour promouvoir la bonne gouvernance, l'inclusion, la réactivité, la responsabilité, l'état de droit et la transparence, qui sont quelques-uns des facteurs de réussite essentiels dans la prévention des conflits ; à cet égard, souligne la nécessité pour les États membres de continuer à renforcer les institutions publiques, à promouvoir la participation citoyenne et l'inclusion sociale, et à répondre aux griefs légitimes des populations, notamment en mettant en oeuvre des programmes d'autonomisation socio-économique qui ciblent spécifiquement les femmes et les jeunes en tant que parties prenantes majeures dans la promotion de la paix, de la sécurité et de la stabilité ;

7. Réaffirme le caractère central des réponses rapides aux alertes précoces pour renforcer le mandat du Conseil en matière de prévention des conflits, et souligne que les perspectives continentales en matière de sécurité doivent susciter des interventions préventives, diplomatiques, politiques, humanitaires et sécuritaires opportunes sur le continent, afin de contenir l'escalade des conflits ;

8. Souligne la nécessité d'une collaboration renforcée entre les États membres et l'AUCTC, le CISSA et l'AFRIPOL, notamment en ce qui concerne le partage d'informations et l'alignement des systèmes nationaux d'alerte précoce sur les mécanismes régionaux et continentaux ; et encourage une plus grande intégration dans l'élaboration d'indicateurs d'alerte précoce, l'élaboration de scénarios et la prospective stratégique ;

9. Demande à la Commission de l'UA de veiller à ce que les produits du CEWS, notamment les alertes, les points de situation et les perspectives continentales en matière de sécurité, soient systématiquement utilisés pour orienter le Conseil dans la définition de son programme et ses efforts de diplomatie préventive, ainsi que dans la coordination avec les CER/MR ;

10. Encourage les CER/MR à renforcer leurs capacités d'alerte précoce et à intensifier leurs efforts de coordination avec la Commission de l'UA, conformément aux principes de subsidiarité, de complémentarité et d'avantage comparatif ; et souligne la nécessité cruciale de renforcer la convergence analytique entre l'AUCTC, le CISSA, l'AFRIPOL et les CER/MR ;

11. Demande à l'AUCTC, au CISSA et à l'AFRIPOL de faire régulièrement au Conseil des exposés d'analyse prospective sur les risques émergents et croissants, les indicateurs nécessitant des mesures préventives, la dynamique de contagion transfrontalière et les scénarios possibles nécessitant les orientations du Conseil ;

12. Réitère sa demande à la Commission de l'UA de collaborer avec l'AUCTC, l'AFRIPOL, le CISSA et le MAEP afin de mettre en place et d'institutionnaliser un outil dynamique permettant de cartographier les risques et les menaces pour la paix et la sécurité en Afrique, tel qu'adopté par le CPS dans son Communiqué PSC/PR/COMM.1298 (2025) du 27 août 2025, afin de permettre au Conseil de renforcer ses efforts en matière de prévention des conflits ;

13. Encourage la Commission de l'UA à renforcer davantage sa collaboration avec les Nations Unies (ONU), notamment en élaborant des cadres ou des outils d'alerte précoce harmonisés et en planifiant conjointement des scénarios, afin de faire en sorte que les évaluations africaines soient pleinement prises en compte dans les analyses mondiales ;

14. Se déclare préoccupé par le défi croissant lié à l'exploitation des plateformes numériques par les groupes terroristes et extrémistes violents pour inciter à la radicalisation et à l'enrôlement ; et à cet égard, souligne la nécessité d'une collaboration renforcée, notamment en matière de partage de renseignements et d'informations, d'opérations et d'exercices conjointes entre les États membres, ainsi qu'avec les partenaires internationaux, y compris les entreprises technologiques, afin de lutter plus efficacement contre les menaces à la paix, à la sécurité et à la stabilité sur le continent ;

15. Encourage les partenaires internationaux à aligner leur soutien sur les priorités de l'UA et des CER/RM en matière d'alerte précoce, notamment en ce qui concerne les capacités nationales d'analyse des risques, la fusion des renseignements, la surveillance des cybermenaces et des menaces numériques, et le respect des normes de l'UA en matière de lutte contre le terrorisme, y compris celles interdisant le paiement de rançons à des groupes terroristes ;

16. Se déclare profondément préoccupé par les flux financiers illicites et autres crimes financiers, y compris les vols de cryptomonnaies par des cybercriminels malveillants, et à cet égard, réitère sa demande à la Commission de l'UA d'enquêter de manière approfondie sur le fléau des flux financiers illicites, en mettant en évidence les réseaux, et de faire rapport au Conseil dès que possible ;

17. Demande à la Commission de l'UA de mettre en place un groupe de travail continental sur le financement illicite, qui assurera la cartographie des réseaux hawala/d'argent mobile utilisés par les groupes et réseaux terroristes extrémistes et de lancer un protocole d'alerte précoce transfrontalier pour les transferts suspects liés aux zones de convergence ;

18. Souligne la nécessité de finaliser le mandat d'arrêt africain et la banque de données de l'UA sur les groupes terroristes et les individus qui soutiennent ou facilitent les activités des groupes/organisations terroristes afin de renforcer davantage la coopération judiciaire, de couper les sources de financement des terroristes et de refuser tout refuge aux acteurs terroristes qui exploitent les lacunes juridictionnelles transfrontalières ;

19. Souligne la nécessité d'activer le Sous-comité du CPS sur la lutte contre le terrorisme et le Sous-comité des sanctions du CPS ;

20. Demande à la Commission de l'UA de diffuser des rapports mensuels sur l'alerte précoce aux États membres afin de déclencher et d'informer des réponses rapides ; et souligne la nécessité impérieuse d'apporter un soutien technique et financier accru au Système continental d'alerte précoce ; et

21. Décide de rester activement saisi de la question.

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