Sénégal: Justice - Affaire Farba Ngom, le ministre détaille des « faits graves » en détention

14 Janvier 2026

Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Yassine Fall, s'est exprimée hier sur la procédure judiciaire en cours concernant Mouhamadou Ngom plus connu sous le nom de Farba. Farba.

Cette prise de parole fait suite à des faits jugés d'« extrême gravité », survenus en milieu carcéral et impliquant le détenu Mouhamadou Ngom, plus connu sous le nom de Farba Ngom. Selon le ministre, ces faits sont susceptibles de porter atteinte à l'intégrité de la justice et à l'ordre public, justifiant ainsi sa sortie en vue d'informer l'opinion publique, dans un contexte de forte médiatisation,

Face à la presse, la garde des Sceaux a indiqué que sa communication faisait suite à des faits jugés d'une « extrême gravité », constatés en milieu carcéral et susceptibles, selon elle, de porter atteinte à l'intégrité de la justice et à l'ordre public.

Elle a rappelé que Mouhamadou Ngom fait l'objet de deux procédures judiciaires distinctes à dimension transnationale, portant notamment sur des faits d'association de malfaiteurs, de blanchiment de capitaux et d'escroquerie, pour des montants estimés respectivement à plus de 31 milliards et 91 milliards de francs CFA. À ces charges s'ajoute une poursuite pour complicité d'abus de biens sociaux.

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S'agissant des faits constatés en détention, Yassine Fall a indiqué qu'une fouille effectuée le 28 décembre 2025 dans la cellule occupée par Farba Ngom au pavillon spécial a permis de découvrir deux téléphones portables détenus, en violation du règlement intérieur des établissements pénitentiaires.

Selon ses propos, « ces appareils auraient servi à des communications structurées et transfrontalières avec plusieurs pays, notamment le Maroc, le Mali, l'Autriche, le Bangladesh et les États-Unis ».

Selon les investigations, révèle Madame Fall, « les téléphones auraient également été utilisés pour des opérations financières nationales et internationales ainsi que pour le suivi de chantiers en construction. » Elle a aussi fait état « d'échanges répétés avec de nombreuses personnalités, dont des acteurs politiques, des avocats parmi lesquels trois anciens ministres ainsi que des journalistes et responsables de médias », précisant que « certaines communications auraient atteint plusieurs centaines d'appels et de messages ».

Plus grave encore, a poursuivi la ministre, ces appareils auraient servi « à la réception et à la diffusion de procès-verbaux judiciaires confidentiels concernant un co-détenu », ajoutant que « des échanges relatifs à des manœuvres et complots à caractère politique susceptibles de troubler l'ordre public ont également été évoqués ».

Puis, elle a fait état de contenus audiovisuels à caractère pornographique qui figurent parmi les éléments matériels recensés au cours des investigations, précisant que leur présence relève de constatations factuelles opérées par les enquêteurs et que leur appréciation juridique relève exclusivement de la compétence des juges saisis du dossier.

Yassine Fall a insisté sur le fait que l'ensemble de ces éléments (téléphones saisis, relevés d'appels, échanges téléphoniques, contenus numériques et pièces documentaires) est versé au dossier d'instruction.

Interrogée sur certains commentaires faisant état d'une incompatibilité entre l'état de santé du détenu avec la détention la ministre a démenti ces informations soulignant « une activité soutenue et constante ressort des investigations ». Elle a rappelé à ce sujet que « toute évaluation médicale relève exclusivement des autorités sanitaires compétentes. »

Yassine Fall a annoncé l'ouverture prochaine d'enquêtes approfondies et a réaffirmé la politique de tolérance zéro de l'État face à la criminalité organisée, aux violations des règles carcérales et à toute tentative d'instrumentalisation politique de dossiers judiciaires. La justice, a-t-il assuré, poursuivra son action avec fermeté, dans le respect strict de la loi et des droits, afin de préserver l'autorité de l'État et la confiance des citoyens.

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