Depuis plusieurs années, la septicémie est régulièrement citée comme cause de décès dans les hôpitaux publics : 89 cas en 2022, 133 en 2023. Ce terme médical raconte de véritables drames humains : des patients admis pour une agression, une intervention chirurgicale ou un accident de la route succombent parfois soudainement à une infection généralisée. Ces décès interrogent la qualité de la prise en charge, la prévention des infections et l'état général de notre système de santé.
Des contextes différents, un même mal
Parmi les cas les plus médiatisés figure celui de Paul-Claude Duval, 81 ans. Cet octogénaire avait été violemment agressé à Résidence La Caverne, Vacoas, à la suite d'un différend de voisinage. Admis à l'hôpital Victoria dans un état critique, il y est décédé après quelques jours d'hospitalisation. L'autopsie a conclu à une septicémie, et de graves blessures crâniennes. Une enquête est en cours pour déterminer les responsabilités dans ce drame.
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Le policier Adeshroy Duguessur, 44 ans, est décédé le mardi 23 décembre après avoir été brûlé lors de l'explosion d'un chauffe-eau à gaz survenue le lundi 15 décembre à Rivière-duRempart. Admis à l'hôpital, il n'avait pas survécu. L'autopsie a révélé qu'il était mort d'une septicémie.
Puis il y eut la mort du détenu Daren Rungasamy, 30 ans, en décembre. Cet habitant de Plaines-des-Papayes est décédé d'une septicémie alors qu'il s'apprêtait à être transféré vers la cour de Pamplemousses.
En octobre, un nourrisson de neuf mois, admis à l'hôpital Dr A. G. Jeetoo pour forte fièvre, est lui aussi décédé d'une septicémie, quelques heures après son admission.
Un retraité de 69 ans, habitant Vacoas, qui avait été victime d'un accident de la route en juillet dernier et qui se trouvait dans un état critique à l'hôpital Victoria, a succombé à ses blessures en septembre. L'autopsie pratiquée à la morgue de l'hôpital Victoria a conclu au décès par septicémie, conséquence directe de ses blessures.
Pris individuellement, ces dossiers révèlent des contextes très différents : agression, chirurgie, accident, détention, pédiatrie. Ensemble, ils dessinent un paysage préoccupant : des patients qui arrivent parfois tard à l'hôpital, avec un risque infectieux élevé et un système de santé confronté à des limites structurelles.