Aujourd'hui jeudi 15 janvier 2025, c'est l'élection présidentielle et les législatives en Ouganda. Mardi, c'était le dernier jour de campagne pour l'opposition et pour le président sortant Yoweri Museveni, qui va à la conquête - excusez du peu - d'un 7e mandat.
Il va sans dire que, et comme toujours d'ailleurs, il s'agit d'un scrutin sans grande surprise avec celui qui est au pouvoir depuis on ne sait même plus combien d'années... à moins de sortir la calculette. Il est en effet arrivé aux affaires depuis 1986, donc 40 ans au compteur et en la matière, il n'y a qu'un Paul Biya, le président camerounais, qui puisse lui ravir la vedette, lui qui préside aux destinées de son pays depuis 1982.
Et pour pousser de solides racines sur le fauteuil présidentiel, ce ne sont pas les fertilisants qui ont manqué dans le clan Museveni. En sautant moult verrous constitutionnels, comme la limite d'âge, pour se représenter à la magistrature suprême. S'agissant d'ailleurs de son propre âge, on ne sait même plus quand il est né parce qu'il y a eu des micmacs autour de sa date de naissance. Bienvenue donc en satrapie.
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C'est donc une chape de plomb qui s'est abattue sur le pays depuis des décennies, et on n'est pas prêt d'en sortir. A 81 ans, le dinosaure brigue un nouveau mandat, le 7e, comme le nombre de planètes de notre système solaire. Il n'y a, en réalité, que la mort qui puisse l'arrêter. Et même si cela arrivait, il a déjà l'antidote : son trublion de fils, qu'il prépare visiblement à sa succession. Général quatre-étoiles, chef de l'armée, des forces spéciales et de la sécurité présidentielle, il a en effet de qui tenir. Il n'hésite pas à sortir le flingue ou le ceinturon, c'est selon, pour trucider ou humilier toute personne qui trouve à redire sur la gestion patrimoniale du pater.
Pendant ce scrutin, l'armée a été déployée partout et l'internet mobile désactivé. Selon la vulgate officielle, ça «vise uniquement à prévenir des violences pendant la période électorale ». Mais nul n'est dupe, cette fois-ci encore, les candidats les plus sérieux qui pourraient bousculer Le Vieux n'auront que leurs yeux pour pleurer. Bobi Wine, de son vrai nom Robert Kyagulanyi Ssentamu, 43 ans, ancienne pop star très populaire chez les jeunes qui, rappelons-le, avait obtenu 34,8% des votes pendant la présidentielle 2021, a beau mouiller le maillot, le miracle n'aura pas lieu.
Toutes les conditions sont réunies pour que l'ancien guérillero succède à lui-même. Rien donc de nouveau sous le soleil, ni politiquement, ni économiquement. En quatre décennies de règne, on ne peut pas dire qu'il ait fait des miracles. Bien au contraire, c'est devenu un pouvoir familial avec le général Muhoozi Kainerugaba, son fils, qu'il prépare peut-être et qui fera du Museveni sans Museveni.
