Afrique: Activité physique au bureau - Trois pistes pour les employeurs

analyse

Nous connaissons tous les bienfaits de l'exercice : il réduit les risques de maladies chroniques, prévient les blessures et améliore la santé mentale et la productivité au travail. Pourtant, nombre de personnes demeurent insuffisamment actives.

Selon les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé, les adultes devraient faire chaque semaine entre 150 et 300 minutes d'exercice modéré, ou de 75 à 150 minutes d'exercice intense.

Comme beaucoup de gens passent une grande partie de leur temps au travail, bouger davantage sur le lieu de travail ou pendant le trajet pourrait aider à atteindre plus facilement ces objectifs.

Stratégies fondées sur des preuves pour les employeurs

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Mes recherches menées avec des collègues de l'Institute for Work and Health (IWH), un institut de recherche indépendant à but non lucratif, montrent les nombreuses façons dont les employeurs peuvent favoriser un mode de vie plus actif. Même de petits gestes, comme inciter les travailleurs à bouger un peu plus chaque jour, peuvent avoir des effets significatifs sur la santé cardiaque.

Proposer toute une gamme d'activités physiques, allant de programmes structurés à des espaces agréables pour marcher, peut motiver un large éventail d'employés. Même le fait de favoriser un environnement qui aide les employés à se déconnecter mentalement du travail pendant un court moment peut les inciter à adopter plus facilement des comportements sains.

Vous trouverez ci-dessous des stratégies que les employeurs peuvent utiliser pour promouvoir l'exercice auprès de leurs employés, sur la base des études menées par l'IWH.

1. Promouvoir l'activité physique tout au long de la journée

Les employeurs peuvent encourager leurs employés à intégrer à leur routine quotidienne une séance de sport avant d'aller travailler ou une course à pied pendant leur heure de dîner.

Nos recherches montrent que les milieux de travail peuvent offrir une variété de programmes et d'équipements pour appuyer ce message. Il s'agit notamment de l'accès à un endroit agréable pour marcher, faire du jogging ou du vélo ; l'accès à un terrain ou à un espace ouvert pour les jeux de balle ou d'autres sports ; une salle de sport ou un centre de remise en forme à proximité ; des cours d'entraînement organisés ; des équipes sportives récréatives organisées ; des douches et/ou des vestiaires ; et des programmes visant à améliorer la santé, la forme physique ou la nutrition.

Dans notre vaste étude basée sur les données d'environ 60 000 personnes (un échantillon représentatif de la composition de la population canadienne), les employés dont le lieu de travail offrait tous ces équipements étaient deux fois plus actifs que ceux qui n'en avaient aucun. Ils étaient également 1,5 fois plus susceptibles d'être modérément actifs.

Bien qu'une telle gamme d'options puisse sembler hors de portée pour les employeurs, un grand nombre de travailleurs - 25 % de l'échantillon étudié - ont déclaré bénéficier de toutes ces offres sur leur lieu de travail ou à proximité. Nous avons également constaté que les personnes étaient plus susceptibles d'être physiquement actives lorsqu'elles avaient accès à une combinaison des éléments ci-dessus, par rapport à celles qui n'en bénéficiaient d'aucuns.

Pour attirer de nouveaux employés, les lieux de travail peuvent mettre en valeur des atouts comme la proximité de parcs ou de salles de sport, ainsi que les programmes et équipements disponibles. Tous ces éléments ont été identifiés comme favorisant l'activité physique.

2. Souligner que chaque petit mouvement compte

Les promoteurs du bien-être au travail savent que certains employés sont déjà des adeptes de l'exercice et n'ont pas besoin d'être convaincus. Dans une autre étude portant sur les habitudes de mouvement au travail, nous avons constaté qu'un travailleur sur dix était un adepte régulier de l'exercice, selon un échantillon représentatif de plus de 8000 Canadiens actifs.

D'après les résultats de notre étude, par rapport aux travailleurs sédentaires qui restent assis la plupart de la journée (et qui représentent environ trois travailleurs canadiens sur dix), ces sportifs ont un risque 42 % moins élevé de développer une maladie cardiaque sur une période de 10 ans.

Mais voici la bonne nouvelle : nous avons également constaté que 50 % de la population active se situe entre ces deux extrêmes en termes d'activité physique au cours de la journée de travail.

Pensez aux vendeurs qui ne restent pas assis longtemps au travail ou aux infirmières qui combinent des tâches administratives et des tâches très physiques. Ces travailleurs ont tous un risque de maladie cardiaque plus faible que les travailleurs sédentaires.

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Il convient de noter une exception importante à notre étude, à savoir le groupe de travailleurs qui effectuent un travail physique intense tout au long de la journée, par exemple les ouvriers du bâtiment. Les travailleurs de ce groupe, qui représentent environ 10 % de la population active, présentent les mêmes risques cardiaques que les travailleurs sédentaires. En effet, un effort physique intense et continu peut exercer un stress sur l'organisme, ce qui peut augmenter la tension artérielle et annuler les bienfaits habituels de l'activité physique.

Pour tous les autres, notre étude rappelle qu'à chaque petit mouvement, la santé du coeur y gagne.

3. Faire appel aux acteurs clé

L'une de nos études en cours à l'Institut de recherche sur le travail et la santé suggère que les champions du bien-être au travail peuvent être de puissants moteurs de motivation. Il peut s'agir de personnes officiellement désignées, comme les responsables du mieux-être ou les membres du service des ressources humaines, mais aussi de collègues qui, spontanément, prônent un mode de vie sain.

Notre étude suggère que les champions informels inspirent davantage confiance à leurs collègues et sont donc plus efficaces pour les motiver. Cependant, comme ils accomplissent généralement ce rôle en plus de leurs tâches habituelles, ils risquent de s'épuiser.

Notre message aux employeurs : identifier et soutenir les champions du bien-être, officiels ou informels, en reconnaissant leur rôle clé et en leur fournissant les ressources nécessaires pour favoriser un milieu de travail sain.

L'importance des facteurs contextuels

Peu importe le nombre d'initiatives mises en place pour promouvoir le bien-être, les employeurs doivent également regarder au-delà du comportement et de la motivation individuels s'ils veulent encourager un mode de vie actif chez leurs employés. Ils doivent reconnaître que les conditions et environnement de travail jouent un rôle dans les choix des individus en matière d'exercice physique.

Les employeurs devraient se demander si tous leurs employés peuvent réellement profiter des initiatives de bien-être : ont-ils la possibilité de se déconnecter 20 minutes pour marcher ? Seuls les cadres ou les employés très performants peuvent-ils rejoindre l'équipe de football de l'entreprise ? Si l'entreprise met en avant les salles de sport et clubs d'entraînement du quartier comme avantage, tous les employés peuvent-ils réellement en payer l'adhésion ?

En bref, même si l'importance d'un mode de vie actif est reconnue, les employeurs doivent évaluer comment la charge de travail, la flexibilité, le soutien des supérieurs hiérarchiques et d'autres facteurs psychosociaux liés au travail influencent l'activité physique de leurs employés.

Le jeu en vaut la chandelle. Les travailleurs actifs sont moins susceptibles de développer des maladies chroniques, sont plus résistants au stress et plus engagés dans leur travail. Cela se traduit par moins d'absences, de meilleures performances et une plus grande satisfaction au travail. En facilitant l'activité physique des employés pendant la journée, les employeurs peuvent favoriser la santé de leur personnel.

Aviroop Biswas, Assistant Professor, Dalla Lana School of Public Health, University of Toronto

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