Le secrétaire exécutif du Mouvement politique Aujourd'hui et Demain, la Côte d'Ivoire (Adci), Roger Youan, a livré, le 14 janvier 2026 à Abidjan, une analyse des élections législatives du 27 décembre 2025 et du contentieux électoral qui s'en est suivi devant le Conseil constitutionnel.
« Adci constate avec gravité que les élections législatives du 27 décembre 2025 s'est déroulée dans un contexte marqué par des pratiques persistantes d'achat de votes, des pressions multiformes sur des électeurs et des candidats, des délocalisations de lieux de vote éloignant les électeurs dans certaines circonscriptions, ainsi que des violences électorales localisées », a fait savoir le secrétaire exécutif de l'Adci.
Créé en juin 2024 à Yamoussoukro, l'Adci participait pour la première fois à un scrutin législatif national, après le rejet de la candidature de son président, Antoine Assalé Tiémoko, à l'élection présidentielle d'octobre 2025.
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Avec 47 candidats investis sur l'ensemble du territoire, le mouvement nourrissait l'ambition de faire entendre une voix citoyenne nouvelle au Parlement. Aucun siège n'a toutefois été remporté. Un résultat que l'Adci juge décevant, mais qu'il analyse avec lucidité, reconnaissant les limites liées à sa jeunesse organisationnelle, à son implantation encore incomplète et à des moyens restreints.
Au-delà de ces facteurs internes, l'Adci pointe un environnement électoral défavorable, marqué par des pratiques d'achat de votes, des pressions sur les électeurs et les candidats, des délocalisations de bureaux de vote, ainsi que des violences localisées. Des dysfonctionnements particulièrement préoccupants auraient été observés dans certaines circonscriptions, notamment à Tiassalé, où des cas de détention multiple de cartes d'électeurs ont été signalés.
Le mouvement s'inquiète également du décrochage massif de la participation, surtout dans les grandes zones urbaines comme Abidjan, où les taux n'ont parfois pas dépassé entre 10 et 24 %. Pour l'Adci, cette désaffection traduit une crise profonde de confiance entre les citoyens, les institutions électorales et le jeu démocratique.
Sur le plan du contentieux, deux recours ont été introduits devant le Conseil constitutionnel à Tiassalé-Morokro et à Yopougon. Si l'Adci prend acte du rejet de ces requêtes, il exprime de sérieuses réserves juridiques, notamment sur l'absence de décisions motivées et les conditions de traitement du contentieux.
« De manière plus générale, l'Adci tient à saluer l'engagement, la constance et la vision de son président, le citoyen Antoine Assalé Tiémoko, dont le combat pour le bien-être des Ivoiriennes et des Ivoiriens demeure une source de fierté nationale et d'inspiration pour les nouvelles générations », a souligné Roger Youan.
Face à ce qu'il considère comme une alerte démocratique majeure, l'Adci appelle à la dissolution et à la refondation de la Commission électorale indépendante, afin de restaurer la crédibilité du processus électoral. Fidèle à son engagement républicain, le mouvement réaffirme sa volonté de poursuivre, aux côtés des forces démocratiques, le combat pour des réformes électorales crédibles, une citoyenneté active et une société fondée sur la confiance.