Ile Maurice: Akash Aumeer - Du dojo au barreau

À 24 ans, Akash Aumeer, habitant de Triolet, cumule deux réussites remarquables: il est avocat et ceinture noire de karaté. Entre 2014 et 2022, il a remporté plusieurs médailles internationales, dont une d'or en Afrique du Sud, ainsi que des distinctions en Angleterre, en Inde et à Maurice, sans oublier un titre national. Ces performances lui ont valu de nombreux trophées et un certificat de mérite universitaire pour son excellence académique.

Akash a commencé le karaté Shotokan dès l'âge de six ans, grâce à son père. Ce sport est rapidement devenu sa passion, lui enseignant discipline, respect et résilience face aux difficultés. Même s'il pratique d'autres arts martiaux, le karaté est resté au coeur de son engagement, puisqu'il avait l'ambition d'enseigner et de créer son propre club. En juillet 2022, ila ouvert son propre dojo, rendu possible grâce au soutien et aux sacrifices de son père.

Conçu dans un esprit japonais authentique, le dojo dispose de tatamis et de sacs de frappe, offrant un cadre sûr et structuré aux élèves. Il explique : «Je donne des entraînements le lundi et le mardi après-midi de 17 h 30 à 19 h 00, ainsi que le samedi de 9 h 00 à midi».

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

En enseignant le karaté, il s'engage dans une véritable action sociale en aidant les jeunes de sa communauté à pratiquer un sport, à rester en bonne santé et à apprendre à se défendre. Akash souligne également : «Le karaté inculque la discipline, le respect et des valeurs essentielles, tout en contribuant activement à la lutte contre la délinquance et la propagation des drogues, qui ruinent notre pays et la jeunesse de demain.»

D'ailleurs, il remercie son sensei, Rishi Bundhoo, président de la Shotokan Martial Arts Federation, qui l'a formé pendant 15 ans et lui a transmis les valeurs fondamentales qu'il enseigne aujourd'hui à ses élèves. Grâce à l'aide précieuse et aux conseils de son sensei, il a remporté plusieurs succès lors de compétitions internationales. Son encadrement, son expérience et sa discipline lui ont permis de progresser continuellement et de représenter son club et son pays avec honneur.

Discipline et équilibre

Mais Akash n'est pas seulement karatéka : il est aussi avocat. «Devenir avocat était le rêve de mon père, qu'il n'a pu réaliser», confie-t-il. Après le HSC, il a choisi le droit, obtenant son LLB (Hons) avec distinction à l'Université de Central Lancashire, puis le Barrister's Practice Course en 2022 à Manchester. De retour à Maurice, il effectue une année de pupillage avant d'être admis au barreau en septembre 2024, à seulement 23 ans, devenant l'un des plus jeunes avocats du pays. Aujourd'hui, il poursuit un Master of Laws en Corporate and Insolvency Law à l'Université de Technologie de Maurice et exerce avec rigueur et engagement, conscient de son rôle essentiel dans la justice et le développement personnel.

Pour Akash, la gestion du temps est cruciale. La discipline acquise au karaté lui permet de concilier entraînements, études et vie professionnelle tout en préservant des moments de qualité avec sa famille. «Savoir équilibrer sport, profession et vie personnelle demande organisation et discipline, des valeurs que le karaté m'a inculquées et que j'applique chaque jour pour rester productif et épanoui», explique-t-il.

Faire du sport une «drogue» positive

Son message aux jeunes est clair : dans un monde en évolution rapide, il est essentiel de guider les enfants, de leur inculquer la discipline dès le plus jeune âge, ainsi que le respect de soi et les valeurs sociales afin qu'ils deviennent de bons citoyens. Aujourd'hui, les élèves sont souvent trop centrés sur les études et les leçons particulières, négligeant le sport. Il est important de prévoir du temps pour pratiquer une activité sportive après les cours, et les gymnases devraient rester ouverts plus tard, comme à l'étranger. Cela permettrait aux jeunes de rester en forme et en bonne santé, tout en améliorant leur concentration et leurs résultats scolaires.

Beaucoup de jeunes sont influencés par leurs pairs et par la drogue, qui cause des ravages terribles dans notre pays. Il les encourage donc à pratiquer régulièrement un sport, à respecter les sacrifices de leurs parents et à faire du sport leur «drogue» positive, stimulant à la fois le corps et l'esprit, renforçant la discipline, favorisant le travail d'équipe, améliorant la santé mentale et physique, et les aidant à canaliser leur énergie de manière constructive.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.