Sénégal: Produits d'hygiène de Softcare - La mission d'information parlementaire a entamé ses auditions

Dakar — La mission d'information de l'Assemblée nationale sur la commercialisation des produits d'hygiène de la société Softcare au Sénégal déclare avoir entamé ses auditions, mercredi 14 janvier.

Elle dit chercher les raisons pour lesquelles des couches destinées aux enfants et des serviettes hygiéniques fabriquées par cette société ont été retirées du marché par l'Agence de régulation pharmaceutique (ARP) du Sénégal, puis autorisées de nouveau à être commercialisées. La mission d'information parlementaire constituée lundi 5 janvier a débuté ses auditions neuf jours plus tard, mercredi 14 janvier, selon sa présidente, la députée Khady Sarr.

"La mission procédera à l'audition des autorités de régulation (les dirigeants de l'ARP), des départements ministériels compétents, de l'opérateur concerné (Softcare], ainsi que de toute structure professionnelle, technique ou représentative dont l'éclairage apparaîtra utile à l'établissement des faits et à l'évaluation des dispositifs de protection des consommateurs et de prévention des risques sanitaires", a précisé Mme Sarr dans un communiqué.

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Elle annonce que la mission parlementaire va visiter la société Softcare pour "apprécier [...] les conditions de production, d'entreposage et de traçabilité, ainsi que la mise en œuvre effective des prescriptions techniques et des exigences de conformité" de ses produits d'hygiène. Les parlementaires vont travailler dans une "approche participative, inclusive et centrée sur l'intérêt général", selon le communiqué.

Une "consultation citoyenne" est envisagée, afin que les députés puissent recueillir les observations, les préoccupations et les contributions des usagers des produits d'hygiène de Softcare, celles des organisations de défense des droits des consommateurs également, pour "enrichir l'analyse parlementaire".

"Cohérence"

La mission d'information de l'Assemblée nationale est composée de 11 députés : neuf représentants du groupe Pastef (majorité), un membre d'un autre groupe et un non-inscrit. Elle assure, selon le communiqué de sa présidente, que les auditions seront menées avec "une démarche rigoureuse, contradictoire et pleinement documentée". La mission dit vouloir établir, "avec la précision requise", la chronologie des actes administratifs et techniques ayant présidé aux décisions successives de retrait et de remise sur le marché des produits de Softcare.

Khady Sarr et ses collègues souhaitent disposer des informations permettant d'apprécier "la cohérence" de ces décisions et de "circonscrire les responsabilités administratives susceptibles d'être engagées à chaque niveau de la chaîne d'instruction, de validation, de suivi et de communication, sans préjudice des compétences propres à l'autorité judiciaire et aux organes de contrôle externe".

Sa présidente assure que les travaux de la mission d'information parlementaire vont se dérouler dans "le strict respect des secrets légalement protégés, des droits des personnes et des exigences de sérénité attachées au contrôle parlementaire". Khady Sarr dit compter sur "la confiance des citoyens" et "la coopération "pleine et loyale, dans l'intérêt supérieur de la santé publique", de "l'ensemble des administrations, organismes et parties prenantes" concernés. Les députés doivent exercer leur mission d'information en trente jours, à compter du lundi 5 janvier.

Une coopération "pleine et loyale" des parties concernées

Dans une lettre du 8 décembre dernier, l'ARP a annoncé avoir procédé à une inspection de l'usine Softcare, qui est implantée à Sindia, dans la région de Thiès (ouest), ce qui lui a permis de déceler la présence de "matières premières périmées dans le circuit de fabrication des produits de santé destinés aux bébés, aux enfants et aux femmes". Par conséquent, elle a ordonné le retrait de ces produits du marché sénégalais.

Huit jours plus tard, l'ARP déclare dans un communiqué que "les matières premières périmées n'ont pas été intégrées dans le processus de fabrication des couches et des serviettes hygiéniques". Dès lors, fait valoir l'Agence de régulation pharmaceutique, les produits d'hygiène de la société Softcare sont "propres à la consommation et peuvent être [re]mis sur le marché". La volte-face de l'ARP a engendré une polémique. Le ministère de la Santé et de l'Hygiène publique, qui assure la tutelle technique de cette agence, a annoncé l'ouverture d'une enquête sur ses déclarations contradictoires et la qualité des produits de la société Softcare.

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