Afrique: « Une semaine au Kinango » d'Henri Djombo

revue litteraire

Le dernier livre d'Henri Djombo « une semaine au Kinango » a éveillé en moi une réminiscence, celle de la phrase de Shakespeare : « Quelle époque terrible que celle où des idiots dirigent des aveugles ». La lecture de ses précédents ouvrages m'avait révélé la façon dont Henri Djombo parvient à interroger, sur un mode subtil, les Sociétés et les consciences, dans une écriture ancrée dans les réalités et les problématiques africaines.

Dans une écriture subtile et dense, le dernier livre d'Henri Djombo « Une semaine au Kinango » est un miroir de ces réalités sociales africaines, des tensions qui peuvent y régner, mais aussi de l'espoir qui continue, envers et contre tout, à y subsister.

Le roman s'ouvre sur une invasion de fourmis magnans. Ces fourmis magnans existent bien dans la réalité ; ce sont des fourmis guerrières, prédatrices, qui vivent dans les forêts luxuriantes du Congo et de l'Amazonie. Carnivores, elles tuent et dévorent tout ce qui se trouve sur leur passage, semant la panique et le deuil chez les humains.

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Dans le roman d'Henri Djombo, les fourmis magnans envahissent la maison d'arrêt qui est le principal établissement pénitentiaire du pays hérité de l'époque coloniale ; les détenus, terrorisés, se ruent alors vers la sortie, et la maison d'arrêt se vide de ses 30.000 captifs.

Pour comprendre le phénomène, on consulte les forces venues des quatre coins d'Afrique et du monde : les initiés des sociétés secrètes se réunissent (médiums, marabouts, magiciens, chiromanciens, sorciers, faiseurs de miracles) et affluent pour délibérer sur la gravité de la question.

La conclusion des sociétés d'initiés rassemblées est sans appel : nous devons cesser de modifier l'environnement. Les conséquences de ce déséquilibre écologique conduisent à la fin de notre espèce. Le constat c'est aussi que le manque d'entente entre les forces unies contre les fourmis leur a permis de gagner la guerre, tandis que les humains eux, l'ont définitivement perdue.

Ce livre est une allégorie puissante, un lieu de réflexion profonde sur la condition humaine et la marche des pays africains. Avec une conclusion qui s'ouvre sur un optimisme combattif : le Kinango se reconstruit sur des bases nouvelles : la lutte contre l'impunité, la souveraineté économique, le rêve panafricain d'une Afrique unie et prospère...

Le Kinango incarne les transformations dynamiques de l'Afrique et du monde.

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