Cameroun/Maroc: L'appel au secours de Ngando Pickett - Entre passion patriotique et défaillances récurrentes

16 Janvier 2026

La voix de Ngando Pickett, mascotte iconique des Lions Indomptables, tremble à nouveau, mais cette fois depuis Rabat. En ce début d'année 2026, le « supporter n°1 » du Cameroun lance un appel urgent à la solidarité, affirmant être bloqué au Maroc avec son groupe, sans ressources pour acheter leurs billets de retour vers le « Continent », la nouvelle appellation du Cameroun. « S'il vous plaît, faites quelque chose », implore-t-il, décrivant une situation de détresse.

Ce cri du cœur résonne comme un douloureux déjà-vu. Lors de la précédente Coupe d'Afrique des Nations en Côte d'Ivoire, le scénario était quasi identique : Ngando Pickett avait alors été « abandonné » à Bouaké après l'élimination des Lions, nécessitant une aide financière extérieure pour rentrer. La solidarité était venue d'une entreprise et d'un influenceur ivoiriens, qui lui avaient remis 1,4 million de FCFA. Aujourd'hui, l'histoire se répète sous d'autres cieux, révélant la précarité chronique dans laquelle évolue cette figure pourtant adulée.

La situation actuelle est aggravée par la perte de bagages critiques à la gare de Rabat, contenant passeports, billets et argent liquide. Cet incident a déclenché une vive polémique sur les réseaux sociaux camerounais, entre supporters compatissants et détracteurs criant à la stratégie, forçant Ngando à se justifier avec colère : « J'ai toujours travaillé gratuitement pour le Cameroun ».

Au-delà du fait divers, ces épisodes successifs posent une question structurelle. Ils mettent en lumière le fossé entre le folklore passionné incarné par Pickett et l'absence d'un cadre institutionnel clair pour accompagner et sécuriser ces ambassadeurs populaires. Alors que le Cameroun affronte par ailleurs de graves crises humanitaires internes, la détresse de son supporter le plus célèbre à l'étranger interroge sur les mécanismes de soutien à ses symboles. La passion a-t-elle une limite quand elle se heurte à la répétition des mêmes impasses ?

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