Afrique: Visa US gelé - La blessure narcissique de l'Afrique révélée

Parmi la vague de décrets présidentiels que le président Trump a signés après avoir prêté serment le 20 janvier 2025, plusieurs auront un impact sérieux sur l’Afrique, notamment la suspension de toute l’aide au développement et le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris sur le climat et de l’Organisation mondiale de la santé, ainsi que l’abolition du Conseil consultatif présidentiel sur l’engagement de la diaspora africaine, créé par le président Biden en 2022.
16 Janvier 2026

L'indignation qui enflamme les réseaux sociaux africains suite à la suspension des visas américains pour 26 pays du continent est un miroir cruel. Elle ne reflète pas seulement une décision de Washington, mais expose une faille bien plus profonde : notre aliénation mentale collectivement entretenue.

Depuis quand un tampon étranger valide-t-il une existence ? La crise existentielle déclenchée par cette annonce trahit un syndrome de dépendance. Nous pleurons l'accès à un territoire qui se ferme, mais négocions à genoux l'exploitation de nos propres ressources. Le contraste est saisissant. Alors que des pays africains, comme le Mali et le Burkina Faso, répondent par le principe de réciprocité en fermant leurs portes aux citoyens américains, une partie de notre élite et de notre jeunesse crie à l'humiliation plutôt qu'à la souveraineté.

Cette agitation est un non-événement géopolitique. Les visas touristiques, eux, restent accessibles, notamment pour la Coupe du Monde 2026. Le vrai drame n'est pas cette barrière. C'est l'incapacité à se projeter dans un développement endogène qui rendrait obsolète cette quête de validation extérieure. Les ressources, l'intelligence et la jeunesse sont ici. Seule manque la foi pour construire des pôles d'attraction qui inverseraient la dynamique.

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L'obsession du visa est le symptôme d'une civilisation qui doute d'elle-même. Elle préfère supplier pour entrer ailleurs que de bâtir, ici, des nations où les autres voudront venir. La question n'est pas de savoir pourquoi l'Amérique se ferme, mais quand l'Afrique, enfin, se prendra au sérieux. Si nos frontières étaient une destination et non un point de départ, qui aurait besoin de quémander un visa ?

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