Afrique: Ils ont assuré... Ils ont sorti le Nigeria Jusqu'au bout du rêve

Mercredi à Rabat, alors que les tribunes du Stade Moulay Abdellah vibraient comme un seul cœur, le Maroc a écrit l'une des pages les plus intenses de son histoire footballistique. Une page chargée d'émotion et portée par un peuple qui n'a jamais cessé d'y croire.

Face au Nigeria, mastodonte continental et attaque la plus prolifique du tournoi, les Lions de l'Atlas ont trouvé le chemin de la finale de la Coupe d'Afrique des nations 2025 au terme d'un combat âpre, exigeant, presque étouffant, remporté lors de la séance des tirs au but. Un succès qui dépasse le simple cadre sportif et qui s'inscrit dans une continuité, celle d'un Maroc qui a appris à se tenir debout face aux plus grands, à imposer ses idées et à assumer ses ambitions.

Cette demi-finale avait tout d'un sommet. Le pays hôte, porté par une grande ferveur populaire, se présentait avec la responsabilité de ne pas trahir l'espoir d'un Royaume entier. En face, le Nigeria avançait avec la réputation d'une équipe terrifiante, sûre de sa force, riche de talents offensifs et convaincue de son statut. Le choc promettait un duel de styles, une opposition entre puissance brute et intelligence collective, entre verticalité et maîtrise. Il a surtout offert une leçon de football moderne, où la tactique, la discipline et le sacrifice ont fini par prendre le dessus sur la seule accumulation de qualités individuelles.

Dès les premières minutes, le Maroc a imposé son tempo. Pas par une possession stérile, mais par un placement intelligent, un pressing coordonné et une occupation de l'espace d'une précision chirurgicale. Walid Regragui avait préparé son plan avec minutie, conscient que pour faire tomber ce Nigeria, il fallait d'abord l'empêcher de respirer. Le cœur du jeu nigérian a été asphyxié, privé de circuits de passe, contraint de reculer, de s'exiler sur les côtés ou de chercher des ballons longs sans véritable danger.

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Le travail d'El Aynaoui, véritable sentinelle au sens noble du terme, a symbolisé cette nette domination. Toujours juste dans son placement, infatigable à la récupération, il a donné le ton d'un milieu marocain solidaire, compact et d'une intelligence remarquable. Derrière, la défense marocaine a livré une prestation d'une maturité impressionnante. Aguerd, patron autoritaire et serein, a rassuré son monde par ses interventions propres et son sens de l'anticipation. A ses côtés, Massina, souvent critiqué, a répondu sur le terrain. Concentré, agressif quand il le fallait, il a su contenir l'un des attaquants les plus redoutés du continent sans jamais perdre son sang-froid.

Sur les côtés, Mazraoui et Hakimi ont incarné cette modernité du latéral marocain, capable de défendre avec rigueur tout en apportant des solutions à la relance, même sous pression. Ce bloc, rarement pris en défaut, a donné au Nigeria l'image d'une équipe soudainement démunie, réduite à multiplier les ballons imprécis et les fautes d'agacement. Offensivement, le Maroc n'a jamais renié son intention de jouer. Brahim Díaz, une nouvelle fois, a apporté sa créativité, ses appels, sa capacité à déséquilibrer. Abdé a multiplié les courses, les retours défensifs, les provocations balle au pied, au prix d'efforts considérables.

En pointe, El Kaabi, même privé de réussite, a mené un combat permanent. Peu servi dans de bonnes conditions, souvent entouré de plusieurs défenseurs, il n'a jamais cessé de se battre. Son travail dos au but, ses appels, sa capacité à fixer la défense ont été essentiels pour libérer des espaces. Même sans marquer, il a pesé sur le match d'une manière qui dépasse les statistiques.

Lorsque le temps réglementaire puis les prolongations se sont achevés sans que le tableau d'affichage ne bouge, l'épreuve mentale a pris le relais. Dans ces moments où l'histoire se joue sur des détails, le Maroc a pu compter sur son dernier rempart. Yassine Bounou, déjà héros des grandes soirées qataries, a une nouvelle fois endossé le costume du gardien des rendez-vous majeurs.

Calme, sûr de lui, presque imperturbable, il a guidé les siens vers une séance de tirs au but maîtrisée, ponctuée de parades décisives qui ont fait basculer le stade dans une communion indescriptible. Ce fut un instant suspendu, un mélange de soulagement et de fierté, comme un écho familier d'une épopée que tout un peuple n'a pas oubliée.

Cette qualification ne doit rien au hasard. Elle est l'aboutissement d'un parcours construit pas à pas depuis le début du tournoi. Une phase de groupes abordée avec sérieux, marquée par une victoire maîtrisée face aux Comores, un nul accroché contre le Mali et un succès convaincant devant la Zambie, où le Maroc a su conjuguer efficacité et autorité.

Un huitième de finale sérieux contre la Tanzanie, remporté avec discipline et patience. Un quart de finale référence face au Cameroun, dominé avec autorité, qui a définitivement installé les Lions de l'Atlas parmi les prétendants crédibles au sacre. A chaque étape, cette équipe a montré sa capacité à s'adapter, à souffrir quand il le fallait et à imposer son jeu lorsque l'occasion se présentait.

Aujourd'hui, le Maroc se retrouve en finale de la Coupe d'Afrique des nations, à domicile, face au Sénégal. Une affiche majestueuse, presque évidente tant ces deux sélections ont dominé le continent ces dernières années par leur constance et leur qualité collective.

Pour les Lions de l'Atlas, cette finale représente bien plus qu'un match. C'est l'opportunité de brandir un trophée continental devant leur public, dans ce même écrin de passion qui les a portés tout au long de la compétition. C'est aussi la possibilité de donner une conclusion dorée à une aventure qui a déjà marqué les esprits, celle d'une génération ambitieuse, consciente de sa valeur et fière de représenter un pays entier.

Dimanche, le Maroc jouera pour l'histoire, mais aussi pour l'avenir. Avec la sérénité acquise dans l'adversité, avec l'intelligence collective façonnée par son sélectionneur et avec cette ferveur populaire qui transforme chaque match en rendez-vous national. Quoi qu'il arrive, cette CAN restera comme celle où les Lions de l'Atlas ont rappelé à l'Afrique et au monde que le football marocain ne se contente plus de promesses. Il s'affirme, il assume et il avance, porté par un peuple conquérant, prêt à écrire une nouvelle page de gloire.

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