Afrique: Le Sénégal sans Koulibaly en finale de la CAN - L'absence qui ravive 2019

16 Janvier 2026

Le Sénégal disputera la finale de la CAN 2025 sans son capitaine Kalidou Koulibaly, suspendu après son avertissement reçu dès la 17e minute contre l'Égypte. Un coup dur majeur, presque un air de déjà-vu. Six ans après 2019, les Lions doivent à nouveau apprendre à vivre sans leur patron défensif au moment de jouer le titre. Avec, cette fois, l'espoir de ne pas revivre la même fin cruelle.

Le carton jaune brandi par l'arbitre gabonais Pierre Atcho face à Kalidou Koulibaly, pour une faute sur Marmoush filant au but, a glacé le banc sénégalais bien avant la pause. Averti à la 17e minute, le capitaine des « Lions »

a immédiatement compris qu'il serait suspendu pour la finale qu'il suivrait en civil. Une absence est d'autant plus lourde de sens, que Koulibaly reste l'un des piliers émotionnels et tactiques de cette sélection.

L'ironie du sort veut que le défenseur de 33 ans n'aurait peut-être pas pu tenir sa place de toute façon. Sorti sur blessure cinq minutes après une alerte aux adducteurs, son corps semblait déjà envoyer des signaux d'alerte. Mais la sanction disciplinaire rend le débat caduc. Le Sénégal devra faire sans son guide.

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Un scénario comme en 2019 ?

Impossible, pour les supporters sénégalais, de ne pas replonger en arrière lors de la CAN 2019 en Égypte. Koulibaly averti en huitième de finale contre l'Ouganda, puis de nouveau en demi-finale face à la Tunisie par l'arbitre éthiopien Bamlak Tessema avec au finish une finale manquée contre l'Algérie, vécue depuis les tribunes du Caire. Sur la pelouse, Salif Sané et Cheikhou Kouyaté avaient assisté, impuissants, au but précoce et improbable de Bounedjah. Une blessure encore vive.

Depuis, Koulibaly a pansé ses plaies en soulevant enfin la CAN en 2022 au Cameroun, devenant le symbole de la résilience sénégalaise. Mais le football aime parfois les boucles cruelles. À Rabat, le Sénégal devra conjurer ce mauvais sort sans celui qui en fut longtemps le témoin malheureux.

Quelle paire axiale ?

La bonne nouvelle, c'est que le vide laissé par Koulibaly n'a pas sauté aux yeux contre l'Égypte. Entré en jeu à seulement 20 ans, Mamadou Sarr a livré une prestation impressionnante de maturité entre un marquage strict sur Marmoush, pressing intelligent, lecture du jeu, propreté dans les interventions. Le fils de Pape Sarr n'a jamais donné l'impression de subir l'événement. Une performance XXL, presque décomplexée, qui le propulse naturellement vers une titularisation en finale.

Aux côtés de son partenaire axial, Moussa Niakhaté, il devra toutefois changer de dimension. Une finale de CAN, face au Maroc et son armada offensive, n'a rien d'un baptême ordinaire. Mais le Sénégal a souvent grandi dans l'adversité, et Pape Thiaw sait que son équipe ne peut se contenter de remplacer Koulibaly : elle devra se réinventer collectivement.

Des cartons jaunes bizarres de l'arbitre sud-africain en quart

La frustration sénégalaise s'alimente aussi d'un sentiment d'injustice. En quart de finale face au Mali, l'arbitre sud-africain Tom Abongile avait distribué cinq cartons jaunes aux « Lions », dont un à Koulibaly sur sa seule faute du match. Habib Diarra, lui aussi averti lors de ce quart, a de nouveau été sanctionné contre l'Égypte et manquera également la finale. Deux absences majeures, conséquence directe d'une gestion arbitrale jugée sévère, voire suspicieuse.

À Rabat, le Sénégal jouera donc sans son capitaine, sans l'un de ses milieux les plus dynamiques, mais avec une certitude. L'histoire ne se répète jamais tout à fait. En 2019, l'absence de Koulibaly avait laissé un vide. En 2025, elle pose un défi. À cette génération de prouver qu'elle est enfin capable de gagner, même sans son totem.

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