Afrique: Sénégal/Maroc, 30 actes et un sommet inédit - Quand l'histoire prépare sa première finale

16 Janvier 2026

Ils se connaissent depuis près de soixante ans, se sont affrontés trente fois, se sont souvent croisés sans jamais se rencontrer au moment décisif. Le Sénégal et le Maroc vont pourtant écrire, le 18 janvier 2026 à Rabat, une page totalement neuve : leur première finale de Coupe d'Afrique des Nations. L'affiche est historique, à la fois miroir de deux trajectoires majeures du football africain contemporain, et duel pour une deuxième étoile encore rare.

(TANGER, Maroc) - Trente (30) confrontations ont opposé les deux sélections, sans qu'aucune n'ait eu lieu en phase finale de coupe d'Afrique des Nations (CAN), encore moins au stade ultime de la plus prestigieuse compétition africaine de football. Le paradoxe est saisissant. Marocains et Sénégalais ont longtemps partagé la même scène sans jamais se retrouver sous les projecteurs ultimes. Le rendez-vous de Rabat, inédit et solennel, vient combler une anomalie de l'histoire du football africain. Il oppose surtout deux sélections qui, depuis une décennie, dictent leur tempo au continent par leur constance, la profondeur de leurs effectifs et ambition assumée.

Un passé déséquilibré, un rendez-vous enfin décisif

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

Dans les archives, l'avantage demeure nettement marocain. Sur les 30 duels recensés, les Lions de l'Atlas en ont remporté 18, contre 7 succès sénégalais, et 5 matchs nuls. Cette domination statistique bâtie dans la durée, souvent au fil de rencontres officielles. Quinze matchs compétitifs, dont le dernier remonte aux éliminatoires du Mondial 2002. Ce 14 juillet 2001, au stade Léopold-Sédar-Senghor, reste un repère fondateur pour le Sénégal. La victoire 1-0, but d'El Hadji Diouf sur une passe de Ferdinand Coly, avait ouvert la voie à une qualification historique pour la Coupe du monde asiatique. Ce soir-là, soir où le rapport de force avait brièvement changé de camp.

Mais entre les deux nations, l'histoire s'est surtout écrite à travers des matchs amicaux, révélateurs de cycles et de générations. Le dernier succès sénégalais face au Maroc date du 25 mai 2012 à Marrakech (1-0), signé par un jeune Sadio Mané pour sa première sélection. Un symbole. Huit ans plus tard, à Rabat, le Maroc s'imposait 3-1 dans un contexte différent, face à un Sénégal privé de Mané et Kalidou Koulibaly. La dernière confrontation, disputée en octobre 2020, confirmait cette tendance favorable aux Lions de l'Atlas.

Deux trajectoires majeures, une seule deuxième étoile

Si le passé penche vers le Nord, le présent, lui, équilibre les débats. Le Sénégal aborde cette finale avec la régularité des grandes nations. Il s'agit de sa troisième finale sur les quatre dernières CAN, avec la deuxième meilleure attaque du tournoi (12 buts) et deuxième meilleure défense (2 buts encaissés).

Le parcours des hommes de Pape Thiaw témoigne de leur maturité. Premiers du groupe D, puis succès maîtrisés face au Soudan (3-1), au Mali (1-0) et à l'Égypte (1-0). L'équipe est solide, compacte, capable d'accélérer lorsque les circonstances l'exigent. Et toujours ce fil rouge, Sadio Mané, annoncé sur le déclin, mais encore décisif (2 buts, 3 passes). Le numéro 10 incarne ce Sénégal qui refuse de céder sa couronne continentale sans résistance.

En face, le Maroc avance porté par son statut. Pays organisateur, demi-finaliste du Mondial 2022, en quête d'un sacre continental qui lui échappe depuis 1976. Les Lions de l'Atlas retrouvent une finale de CAN pour la première fois depuis 2004, et ils y parviennent invaincus, avec la meilleure défense du tournoi (un seul but encaissé, sur penalty). Leaders du groupe A, vainqueurs de la Tanzanie, du Cameroun et du Nigeria aux tirs au but, les hommes de Walid Regragui impressionnent par leur maîtrise collective. L'effectif est XXL avec Brahim Diaz, meilleur buteur (5 buts), Nayef Aguerd, El Khannouss, Ignamane, et surtout Achraf Hakimi, élu Joueur africain de l'année 2025, figure de proue d'une équipe sûre de sa force.

Au-delà des chiffres et des bilans, cette finale raconte une autre histoire, celle de deux Nations qui n'ont chacune qu'une étoile sur le maillot. Le Maroc (1976), le Sénégal (2021). Une rareté à ce niveau. Dimanche, l'une d'elles doublera la mise. Pour la première fois, Sénégal et Maroc ne se contenteront pas de se mesurer. Ils joueront l'Afrique au sommet. Et peut-être, la plus grande finale de l'histoire de la CAN.

AllAfrica publie environ 500 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.