Le conseil d'administration du Central Electricity Board (CEB) s'est réuni en urgence le mercredi 14 janvier, à la demande du ministère de l'Énergie et des services publics, afin d'examiner deux dossiers jugés d'une gravité particulière et impliquant des employés de l'organisme public.
La première affaire porte sur un vaste réseau présumé de fraude à l'électricité, dont le préjudice financier est estimé à près de Rs 125 millions. Selon les éléments soumis au conseil d'administration, cette fraude aurait été orchestrée par un établissement de cold storage situé à Pailles et se serait déroulée sur une période d'environ dix ans. Les faits ont été mis au jour à la suite d'un travail approfondi mené par l'Audit Squad du CEB, qui a transmis un rapport détaillé aux autorités concernées.
Au regard de l'ampleur des montants en jeu et de la durée présumée des agissements, le dossier est suivi de près par le ministère de tutelle. Une plainte a été déposée auprès de la police afin de permettre l'ouverture d'une enquête pénale et d'établir les responsabilités éventuelles. En parallèle, le CEB a lancé ses propres investigations internes pour identifier d'éventuelles complicités ou défaillances au sein de ses services, tout en procédant à un renforcement de ses mécanismes de contrôle et de surveillance.
Le second dossier examiné concerne un incident survenu aux alentours de minuit dans la nuit du 26 décembre. Deux cadres du CEB, un ingénieur et un technical officer, sont mis en cause à la suite d'une altercation avec la direction du Casino du Caudan. Selon les informations communiquées, les deux employés auraient, dans un esprit de représailles, donné des instructions directes au Control Room du CEB afin de procéder à une coupure ciblée de l'alimentation électrique.
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Cette interruption, d'une durée de 66 secondes, a affecté le Casino du Caudan, le Blue Penny Museum et l'hôtel Labourdonnais. Elle aurait été effectuée sans autorisation formelle, en dehors de tout cadre réglementaire et en violation manifeste des procédures opérationnelles du CEB.
Le conseil d'administration a exprimé de vives préoccupations face à la gravité de cet acte, soulignant que l'utilisation abusive de l'autorité et des infrastructures critiques de l'organisme à des fins personnelles constitue une faute extrêmement grave. Un tel geste aurait pu avoir des conséquences majeures, notamment en matière de sécurité et de continuité des activités des établissements concernés, ainsi que sur la crédibilité et la réputation du CEB.
À l'issue de la réunion, le conseil d'administration a insisté sur la nécessité de faire toute la lumière sur ces deux affaires. Des sanctions disciplinaires sévères et des actions légales pourraient être engagées en fonction des conclusions des enquêtes en cours. De son côté, le ministère de l'Énergie et des Services publics a réaffirmé sa détermination à traiter ces dossiers avec rigueur, transparence et fermeté.