L'information a circulé comme une traînée de poudre dans la nuit. Un avion médicalisé en provenance de Zurich a atterri à Yaoundé avant de repartir vers l'Afrique du Sud, avec à son bord le président de l'Assemblée nationale. Pour Cavaye Yeguié Djibril, 86 ans, troisième personnalité de l'État, la situation est préoccupante.
Cette évacuation sanitaire d'urgence met un terme aux conjectures nées de ses récentes absences. Il n'a assisté ni à la présentation des voeux au président Biya, ni, fait plus significatif, à la cérémonie que sa propre institution organisait en son honneur le 9 janvier. Un siège vide qui en disait long sur la gravité de son état.
Le silence des autorités est assourdissant. Aucun communiqué, aucune précision sur son diagnostic. Ce mutisme institutionnel, habituel dans ce genre de circonstances, nourrit l'inquiétude et les rumeurs. Il place le pays dans l'expectative, braquant les projecteurs sur la santé d'un pilier du régime, en poste depuis 1992.
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Cette crise individuelle soulève une question collective brûlante : dans un pays où le président a 92 ans et le chef du Parlement 86 ans, cette gérontocratie à bout de souffle ne fait-elle pas peser un risque majeur sur la stabilité des institutions ?