La famille du journaliste assassiné en 2023, ne veut pas de liberté provisoire pour le principal accusé, l'homme d'affaires Jean-Pierre Amougou Belinga.
C'est l'une des craintes des proches et de la famille de Martinez Zogo : que l'homme d'affaires Jean-Pierre Amougou Belinga, principal accusé dans le meurtre de Martinez Zogo, bénéficie d'une mise en liberté provisoire.
Une telle décision serait contraire à la loi, selon maître Felicité Esther Zeifman, une des avocates de la famille.
"Le code de procédure pénal camerounais est clair. Quand on encourt la peine d'emprisonnement à vie, ou la peine de mort, toute liberté provisoire est interdite, quelle que soit sa forme" explique l'avocate selon qui "faire appel d'une telle décision, en sachant que la loi l'interdit, ça veut dire qu'on compte sur d'autres moyens pour faire libérer cet accusé."
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
Un risque de fuite
Selon des révélations faites par le magazine Jeune Afrique, de hautes personnalités de l'État camerounais seraient sous pression pour faciliter la mise en liberté provisoire de Jean-Pierre Amougou Belinga.
Une lettre aurait même été adressée à des magistrats de la chambre criminelle de la Cour d'appel, en vue d'obtenir cette liberté provisoire.
Si liberté provisoire il doit y avoir, elle devrait l'être pour tous ceux qui sont poursuivis, selon maître Felicité Esther Zeifman." Qu'est-ce qu'il a de plus que les autres accusés pour être, lui, remis en liberté et pas les autres ?" s'interroge l'avocate.
Le jeudi 15 janvier, la Cour d'appel a rejeté la nouvelle demande de mise en liberté provisoire de Jean-Pierre Amougou Belinga.
L'avocate de la famille de Martinez Zogo se félicite de cette décision et met en avant un risque de fuite en cas de libération.
L'homme d'affaires dispose, selon elle, d'un passeport diplomatique centrafricain, ce qui pourrait lui permettre de quitter le pays.
Une question de temps
Maitre Félicité Esther Zeifman se montre confiante quant aux suites judiciaires de cette affaire, près de trois ans après l'assassinat de Martinez Zogo.
Elle explique que "le temps de la justice n'est pas le temps du peuple qui veut que tout de suite X ou Y soit condamné. Cela prendra le temps que ça prendra, mais on finira par arriver à des condamnations.L'affaire suit son cours."
Martinez Zogo était célèbre pour son émission quotidienne "Embouteillage", diffusée sur Amplitude FM. Il dénonçait régulièrement des affaires de corruption dans le pays et au sein de l'élite au pouvoir.
La découverte de son corps, le 22 janvier 2023, cinq jours après son enlèvement, avait provoqué l'émoi et un véritable tollé au Cameroun.
Face à la pression nationale et internationale, les autorités avaient rapidement ordonné une enquête qui a conduit à des arrestations.
À ce jour, 17 prévenus font face à des chefs d'accusation, allant de la torture à la complicité d'assassinat. Parmi eux, Jean-Pierre Amougou Belinga, un richissime homme d'affaires, réputé proche de ministres et d'officiers et propriétaire de nombreux groupes dans les domaines de la banque, de l'assurance, de l'immobilier et des médias.
Parmi les prévenus, il y a aussi celui qui était à l'époque le directeur du tout-puissant renseignement militaire, Léopold Maxime Eko Eko.
La prochaine audience aura lieu du 26 au 27 janvier.