Afrique du Sud: Rencontre Michael Randrianirina - Cyril Ramaphosa - L'Afrique du Sud exprime sa préoccupation face à la situation politique à Madagascar

La crise malgache ne se joue plus uniquement sur la scène nationale. Elle se lit désormais à l'échelle régionale, sous le regard attentif de la SADC et de ses principaux leaders.

À peine le pied posé après son voyage à Abu Dhabi, Michaël Randrianirina a repris les airs. Direction l'Afrique du Sud. Hier, à Pretoria, le président de la Refondation de la République a été reçu par Cyril Ramaphosa, président sud-africain et président en exercice de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC). Une rencontre rapide, mais lourde de sens, dans un contexte politique malgache suivi de très près par les capitales de la région. La rencontre a eu lieu à Mahlamba Ndlopfu, la résidence officielle du chef de l'État sud-africain à Pretoria. Cette visite de travail intervient alors que la situation politique à Madagascar semble susciter des inquiétudes au niveau régional.

Pretoria ne mâche pas ses mots. Selon un communiqué officiel de la Présidence de la République d'Afrique du Sud, Pretoria dit exprimer sa « préoccupation face aux récents développements politiques à Madagascar ». Le communiqué appelle explicitement au « calme et au respect des processus démocratiques ». Le pays réaffirme également son attachement à une « résolution pacifique de la situation, fondée sur la démocratie, l'État de droit et le développement durable ».

La portée du message dépasse le simple cadre bilatéral. Cyril Ramaphosa s'exprime aussi en tant que président en exercice de la SADC, organisation régionale qui a, par le passé, joué un rôle déterminant dans la gestion des crises politiques en Afrique australe. Dans sa déclaration de décembre dernier, la SADC a appelé le nouveau régime malgache à fournir à l'organisation régionale « une feuille de route », avant mars 2026. À Pretoria, le message adressé à Antananarivo est clair : la stabilité institutionnelle et le respect des règles démocratiques demeurent des lignes rouges pour les partenaires régionaux.

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Pression. Pour Michaël Randrianirina, cette rencontre constitue un moment diplomatique clé. Elle intervient dans une séquence de déplacements internationaux soutenus, signe d'une volonté affichée de dialoguer et de rassurer. Mais elle souligne également la pression qui s'exerce sur le pouvoir malgache, sommé de démontrer sa capacité à gérer la transition politique dans un cadre apaisé et conforme aux standards régionaux.

Au-delà de la conjoncture politique, les deux chefs d'État ont inscrit leurs échanges dans le temps long des relations entre Madagascar et l'Afrique du Sud. Les deux pays ont établi des relations diplomatiques en 1994, au lendemain de la fin de l'apartheid. Depuis, plusieurs accords bilatéraux ont été conclus, notamment dans les domaines du transport aérien, du transport maritime, ainsi que de la coopération scientifique et technologique. Cette coopération s'inscrit également dans un cadre multilatéral structurant. Madagascar et l'Afrique du Sud collaborent au sein de la SADC et de l'Union africaine, deux plateformes essentielles pour l'intégration régionale, la sécurité collective et le développement économique.

Pretoria demeure, à ce titre, un partenaire stratégique pour Antananarivo, tant sur le plan politique qu'économique. La rencontre à Pretoria apparaît ainsi comme un exercice d'équilibre : d'un côté, le rappel appuyé des exigences démocratiques et de l'État de droit ; de l'autre, la volonté de maintenir un dialogue ouvert et des relations bilatérales solides.

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