Maroc: Deux étoiles pour un trône - Sénégal-Maroc, le duel des patrons africains

17 Janvier 2026

Dimanche à 19h GMT, Rabat sera le théâtre d'un sommet continental. Le Sénégal, champion d'Afrique en titre, et le Maroc, référence montante du football mondial, se disputent une deuxième étoile, devenue symbole de domination. Plus qu'une finale, un verdict entre les deux meilleures sélections africaines de ces dernières années.

(RABAT - Maroc) - Demain soir, au Stade Prince Moulay Abdellah, le Sénégal se frotte au Maroc avec une ambition clairement affirmée. Il s'agit de confirmer son statut et de graver une deuxième étoile sur son maillot. Trois ans après le sacre historique de 2022, les Lions de la Téranga entendent prouver que leur succès ne relevait pas d'une parenthèse heureuse, mais constituait le début d'un règne. En face, les Lions de l'Atlas, qui n'ont plus remporté la CAN depuis 1976, nourrissent l'espoir d'un sacre à domicile afin de consacrer leur ascension et de reprendre définitivement le sceptre africain.

En quête d'une deuxième étoile

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Depuis le 6 février 2022, le Sénégal a changé de dimension. Longtemps qualifiés de « beaux perdants », les Lions ont appris à gagner, parfois sans briller, souvent dans la douleur. Cette CAN 2025 s'inscrit dans cette continuité avec une équipe solide, équilibrée, pleinement consciente de ses forces. Autour de Sadio Mané, Idrissa Gana Gueye et Kalidou Koulibaly, la génération dorée avance avec la maturité de ceux qui connaissent le chemin du très haut niveau. L'objectif est limpide et ne souffre d'aucune ambiguïté. Il s'agit de rejoindre le cercle restreint des nations africaines à deux étoiles, aux côtés de l'Algérie et du Maroc.

Le Maroc poursuit une ambition comparable, mais avec un poids historique différent. Attendue depuis 1976, la deuxième étoile s'est muée en obsession nationale. Demi-finalistes de la Coupe du monde 2022, les hommes de Walid Regragui ont contribué à transformer le regard porté sur le football africain. Cette finale est l'aboutissement logique d'un projet structuré, ambitieux, pensé sur le long terme.

Marquer enfin en finale

Au-delà du trophée, le Sénégal traîne une statistique singulière, presque cruelle. Finalistes malheureux en 2002 face au Cameroun (0-0, 2-3 tirs au but), battus en 2019 par l'Algérie (0-1), les Lions avaient enfin atteint le sommet en 2022 contre l'Égypte (0-0, 4-2 tirs au but.). Ils n'ont ainsi jamais inscrit le moindre but dans une finale de CAN. Dimanche, face à la défense la plus hermétique du tournoi, l'enjeu sera aussi de briser ce plafond symbolique et d'inscrire enfin son nom au tableau d'affichage dans l'ultime match.

Quand la peur change de camp

Longtemps, le mental fut le talon d'Achille sénégalais, notamment face aux nations nord-africaines ou à l'Égypte. Cette période semble révolue. Le déclic s'est produit loin du continent, à Nottingham, lors de la victoire de prestige face à l'Angleterre. Une performance majuscule, obtenue sans Sadio Mané ni le prodige Ibrahim Mbaye, qui a redéfini l'approche mentale des Lions.

L'année 2025 a définitivement scellé cette transformation. À Kinshasa, devant plus de 80 000 spectateurs chauffés à blanc, le Sénégal, mené 2-0, a trouvé les ressources nécessaires pour renverser la situation. Une remontada spectaculaire, qui est entrée dans la légende et symbolise un collectif solide et d'un banc décisif, sublimé par la lecture de jeu de Pape Thiaw. Ce soir-là, le Sénégal a démontré sa capacité à surmonter l'hostilité, le doute et la pression.

Une équipe, plusieurs héritages

La démonstration livrée face à l'Égypte en demi-finale a confirmé cette mue. La maîtrise collective, la domination dans tous les compartiments du jeu, la sérénité affichée dans les temps faibles, ont permis aux Lions de composter leur billet pour la finale avec autorité. Ce dimanche, rien ne devra les distraire. Ni les cris d'un stade acquis à la cause marocaine, ni les polémiques périphériques autour des billets, encore moins les conditions chaotiques de leur arrivée à Rabat.

Cette finale dépasse les cadres historiques. Si Sadio Mané, Kalidou Koulibaly, Edouard Mendy ou Gana Gueye rêvent d'une sortie en apothéose, la relève est déjà à l'oeuvre. Krépin Diatta, Pape Gueye, Iliman Ndiaye, Cheikh Tidiane Sabaly, Ibrahim Mbaye et d'autres, incarnent une ambition collective, celle d'inscrire le Sénégal dans la durée. Face au Maroc, il ne s'agira pas seulement de gagner un trophée, mais d'affirmer une suprématie.

Dimanche soir, deux trajectoires d'excellence se croisent. Une seule étoile supplémentaire brillera. Et avec elle, viendra le titre officieux de patron du football africain.

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