Maroc: Marrakech, entre patrimoine vivant et effervescence urbaine

- Entre mosquées majestueuses, calèches colorées et effervescence de la Médina, Marrakech se révèle aux visiteurs comme une immersion saisissante dans l'histoire et le patrimoine vivant de la ville ocre, située au centre-ouest du Maroc.

Dès l'entrée dans la cité, un monument capte immédiatement le regard : la mosquée Koutoubia, reconnaissable de loin par la hauteur remarquable de son minaret. "C'est la plus grande mosquée au monde", lance le chauffeur de taxi, hâtivement sollicité pour nous conduire à la Médina, en désignant du doigt l'imposant édifice en grès rose qui domine le paysage urbain.

Le lieu de culte se dresse fièrement à l'emplacement de l'ancienne mosquée des libraires. Sa construction a débuté, indique-t-on, en 1141 à la demande du calife almohade Abd al-Mumin et s'est achevée en 1158. La hauteur et l'histoire du bâtiment fascinent.

Au pied de la Koutoubia, l'appel à la prière lancé par le muezzin, rappelle la spiritualité qui contraste au tumulte quotidien des marchands.

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Le chauffeur s'engouffre davantage dans la "Ville ocre". Sur le chemin, les mandariniers qui bordent la route et les bâtiments parés de rouge ou de beige confèrent au décor un charme particulier.

Contrairement aux autres villes montagneuses du Maroc, Marrakech est connue pour être relativement plate, tant dans sa Médina que dans ses environs proches.

De larges avenues bordées de mandariniers, du jardin Majorelle, des jardins magnifiques peuplés de bougainvilliers multicolores, ainsi que des remparts encerclant les quartiers historiques de la médina, composent le paysage.

Au moment de franchir une imposante porte, le conducteur reprend fièrement. "Nous entrons dans "Bab Agnaou"." Bab Agnaou est l'entrée de la kasbah royale située dans la partie sud de la Médina de Marrakech".

Après quelques mètres, il s'arrête et déclare avec un large sourire: "C'est ici que vous allez démarrer votre visite".

L'architecture, fortement inspirée des kasbahs berbères traditionnelles, incarne un équilibre subtil entre modernité et héritage culturel.

Surnommée la "Ville ocre" ou la "Ville rouge" en raison de la couleur de ses immeubles et habitations, Marrakech offre une harmonie visuelle unique, parfois rompue par quelques bâtiments jaune ocre, témoins d'une identité ancrée depuis des siècles.

Ville impériale aux côtés de Fès, Meknès et Rabat, Marrakech est située au pied des montagnes de l'Atlas, massif d'Afrique du Nord culminant à 4 167 mètres et s'étendant entre l'Algérie, le Maroc et la Tunisie. Fondée au XIe siècle par les Almoravides, une dynastie berbère, la capitale touristique du Maroc a su préserver ses traditions tout en s'ouvrant à la modernité.

Carrefour au riche patrimoine culturel et architectural, la Médina, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1985, demeure le coeur battant de la ville.

La balade à calèche

À Zeitoun Café, le bâtiment, qui fait face à la mosquée Moulay Yazid, attire le regard par sa convivialité. Lorsqu'on dégage le regard de cette construction "cosy", c'est pour le porter sur l'alignement d'une dizaine de calèches, peintes aux couleurs du pays, vert et rouge, juste en face. Ce sont les fameuses calèches traditionnelles de la ville.

Impossible d'évoquer Marrakech sans parler d'une balade à bord de ces montures à la fois modernes et traditionnelles. Piqués par la curiosité, nous entreprenons de faire le tour de la ville à bord de ce moyen de transport. Après un marchandage serré autour du prix, la visite peut commencer.

À bord, les bruits de sabots des chevaux tirant les calèches claquent sur les larges pavés des rues, se mêlant aux vrombissements des motos et aux klaxons des voitures. Cette circulation désordonnée et bruyante confère une ambiance singulière à la ville médiévale. Habitués à cette agitation, les chevaux poursuivent leur chemin sans être perturbés par le vacarme.

Ce moyen de déplacement spécifique constitue l'un des attraits majeurs de la capitale du Sud. Explorer la ville à bord de ces attelages gracieux, en passant par la célèbre place "Jemaa el-Fnaa", la mosquée Koutoubia et les forteresses de la Médina, offre une immersion authentique et poétique. Une manière intemporelle de découvrir Marrakech, d'en saisir les rythmes, les couleurs et les sons.

La découverte sénégalaise au coeur de "Jemaa el-Fnaa"

Malheureusement, la visite ne dure qu'une heure. Le reste, pour en saisir le sens, il faut le faire à pied. C'est ainsi qu'on se retrouve à la place Jemaa el-Fnaa.

Véritable coeur battant de Marrakech, la place vibre depuis des siècles au rythme des charmeurs de serpents, des musiciens traditionnels, des artistes de rue et des étals de nourriture populaire. En cette fin de matinée, la foule est dense, bruyante, vivante.

Au milieu du tumulte incessant, une rencontre attire l'attention : celle d'Awa Mbaye, une jeune Sénégalaise originaire de la région de Diourbel. Drapée du drapeau vert-jaune-rouge noué autour du cou, elle se faufile avec assurance entre les touristes venus des quatre coins du monde.

Sur son étal improvisé : des bijoux colorés et des maillots de football. Sans prononcer de grands discours, Awa affiche une fierté évidente. Son sourire, son énergie et ses couleurs parlent pour elle. Ici, au coeur de la célèbre place marocaine, elle revendique discrètement mais fermement son appartenance à une nation adulée par tout un peuple.

"Je suis fière de mon pays. À chaque match, nous faisons le déplacement jusqu'à Tanger pour soutenir l'équipe. Et nous ne sommes jamais déçus. Nous irons encore les encourager pour la demi-finale", confie-t-elle, le regard brillant d'espoir.

Autour d'elle, "Jemaa el-Fnaa" offre son spectacle légendaire.

Un peu plus loin, d'autres Sénégalais se regroupent. Certains résidents à Marrakech, d'autres ont fait le déplacement depuis Casablanca. Originaires de la banlieue dakaroise ou de la région de Kaolack, ils échangent dans une ambiance chaleureuse, ponctuée de rires et de poignées de main. "Vous travaillez pour quel média ?", lance une voix rude venue du groupe. Le sourire communicateur de Samba Ndiaye, originaire de Kaolack, fait tout de suite oublier la rigueur dans la demande.

Après une discussion empreinte de convivialité, ils prennent congé, annonçant se rendre à une soirée religieuse. "Venez plutôt avec nous. Vous pourrez rester dormir ici", ajoutent-ils à l'unisson avant de continuer leur chemin dans un éclat de rire. Un détail révélateur de leur enracinement dans cette ancienne cité impériale de l'ouest marocain.

Derrière nous, un artiste de rue déguisé en cow-boy cuivré attire tous les regards. Figé pendant plusieurs minutes, il pointe son pistolet dans le vide, comme suspendu hors du temps. Chaque mouvement est calculé: un pas sur le côté, un léger pivot et déjà il change de direction, surprenant les passants qui rient, intrigués ou fascinés.

Après ces au revoir, il est temps aussi de quitter Marrakech et de reprendre la route vers Tanger, tandis que le crépuscule s'installe lentement à l'horizon.

Le trajet, long et éprouvant, nous mène de nouveau vers la "ville blanche". Mais la fatigue s'efface peu à peu, emportée par la satisfaction d'avoir découvert cette cité vibrante et les rencontres marquantes de la journée.

Désormais, les regards se tournent l'essentiel: la finale Sénégal-Maroc, un rendez-vous attendu avec ferveur, ce dimanche, à Rabat.

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