Cameroun: Le MRC et le FSNC s'opposent sur la participation aux élections de 2026

17 Janvier 2026

Le débat sur la participation aux élections législatives et municipales du 30 mars 2026 vient de franchir un point de non-retour. Deux stratégies opposées se dessinent, créant un véritable schisme au sein de l'opposition camerounaise.

D'un côté, le Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC) d'Issa Tchiroma Bakary campe sur une ligne de rupture radicale. Depuis son exil, l'ancien ministre a interdit à son parti de prendre part aux scrutins, qualifiant tout parti qui y participera de « complice de la forfaiture ». Pour le FSNC, le système est jugé trop corrompu pour légitimer un processus électoral sans réforme institutionnelle préalable.

Face à cette posture, le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) de Maurice Kamto a immédiatement réagi. Les cadres du parti ont annoncé que le MRC sera dans la course, « quelles que soient les circonstances ». Cette déclaration marque un revirement doctrinal majeur. Après cinq années de boycott et sans aucun élu, la formation d'opposition a officialisé son retour dans l'arène électorale. Elle vise désormais la conquête des mairies et des sièges parlementaires pour peser de l'intérieur.

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Pour les lieutenants de Kamto, aller aux urnes n'est pas un acte de légitimation, mais un acte de résistance citoyenne. Ils misent sur une mobilisation massive pour « noyer » les tentatives de fraude. Cette position tranche radicalement avec celle du FSNC, et un ancien militant du MRC y voit même une « trahison certaine » de l'alliance de 2025.

Ce désaccord stratégique fait planer le spectre d'une opposition divisée. Si une frange boycotte tandis que l'autre participe, le risque de voir le RDPC, le parti au pouvoir, rafler la mise par défaut est décuplé. La bataille pour les urnes de 2026 est donc aussi une bataille pour l'âme de l'opposition.

Face à ce fossé, quelle stratégie finira par s'imposer pour réellement faire bouger les lignes politiques au Cameroun ?

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