Le Sénégal affrontera le Maroc, pays hôte de cette 35e édition de la Coupe d'Afrique des nations (CAN), en finale, ce dimanche à 19h gmt au stade Prince Moulay Abdallah de Rabat. Une rencontre très importante pour les deux meilleures sélections africaines de ces dernières années qui, chercheront coûte que coûte à estampiller cette deuxième étoile sur leur maillot.
Mais cette finale, au delà de son caractère purement sportif, aura surtout un fort enjeu géopolitique pour ces deux nations. En effet, les « Lions » du Sénégal auront la lourde tâche de « venger » Me Angustin Senghor contre le « tout puissant » Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine de football, qui avait en quelque sorte précipité la « descente aux enfers » de l'ancien dirigeant sénégalais sur la scène footballistique internationale.
Défait lors du scrutin du 12 mars 2025 pour un siège au Conseil de la FIFA, Augustin Senghor, alors président de la Fédération sénégalaise de football (FSF), avait récolté seulement 13 voix sur 53. Un camouflet pour celui qui était jusqu'alors 1er vice-président de la CAF, surtout que cet échec marque un net recul de l'influence sénégalaise dans les instances continentales, au profit d'un axe Maroc-Égypte-Mauritanie désormais bien ancré au sommet du football africain.
Et pour Me Senghor, ce revers politique trouvait son origine dans une domination organisée par un groupe de dirigeants arabes, avec Fouzi Lekjaa comme figure centrale, sous le regard complice de la CAF. Le patron du football marocain avait d'ailleurs remplacé le maire de Gorée au poste de 1er vice-président de l'instance dirigeante du football africain suite à la démission de celui-ci.
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Ce dimanche, les hommes de Pape Thiaw s'en donneront donc à coeur joie pour faire honneur à ce grand homme, principal instigateur du fameux « Manko Wutti Ndam Li » qui nous a valu l'embellie du football sénégalais de ces dernières années. Car une déconvenue des « Lions » de l'Atlas devant leur public, devant Fouzi Lekjaa et devant Patrice Motsepe, aura à coup sûr un goût assez particulier pour Me Augustin Senghor. D'autant plus que le royaume chérifien est la dernière entité de l'axe Maroc-Égypte-Mauritanie à n'avoir pas encore subi les foudres de l'équipe nationale du Sénégal. Vivement que ce soit ce dimanche... en honneur à Me Senghor !