La période des fêtes, traditionnellement marquée par une mobilisation pour des collectes de sang, vient de s'achever. Si ces initiatives permettent chaque année de renforcer temporairement les réserves, elles ne suffisent pas à couvrir les besoins sur la durée. En ce début d'année, la situation reste préoccupante, avec un manque de sang, touchant plus particulièrement les plaquettes sanguines, fragments cellulaires sanguins essentiels à la coagulation et à l'arrêt des saignements, dont la demande demeure élevée.
Rappelons qu'une grande collecte a été organisée le 17 décembre dernier sur l'esplanade de la municipalité de Port-Louis, avec un objectif de 1 500 poches. «Environ 1 300 dons ont été enregistrés. C'est moins que prévu, mais cela a tout de même permis de soulager temporairement la situation. Toutefois, dès le 26 décembre, les réserves étaient presque épuisées», relève Subhanand Seegoolam, porte-parole de la Blood Donors Association.
D'autres collectes ont également eu lieu pour réalimenter la réserve. Le sang collecté est rapidement utilisé par la banque de sang. «La demande est constante, en moyenne 150 et 200 unités par jour, alors qu'il est nécessaire de maintenir en permanence un stock de 600 à 800 unités.»
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
Même avec des réserves de pintes de sang, les groupes sanguins rares restent très demandés. Mais la situation actuelle est beaucoup plus critique pour les plaquettes sanguines, particulièrement sollicitées en raison de l'augmentation de certaines pathologies. «Les patients souffrant d'anémie reçoivent généralement des pintes de sang, tandis que les patients atteints de cancer ou subissant des opérations cardiaques ont souvent un besoin crucial de plaquettes sanguines», cite Subhanand Seegoolam en exemple.
Il explique que les plaquettes sanguines proviennent principalement du sang frais. Lors des collectes de sang, elles ne sont pas prélevées de manière ciblée, mais obtenues après le fractionnement des poches. À titre d'exemple, sur 100 pintes de sang collectées, seules 20 à 25 unités de plaquettes sanguines peuvent être obtenues. Il existe toutefois une autre méthode, appelée aphérèse.
Grâce à cet appareil, un composant spécifique, comme les plaquettes sanguines, peut être prélevé chez le donneur, tandis que les autres éléments du sang lui sont restitués. «Ce procédé prend environ deux heures et nécessite que le donneur se rende à l'hôpital Victoria ou à l'hôpital Sir Seewoosagur Ramgoolam National. Nous rencontrons plusieurs difficultés. Il faut la disponibilité du donneur et, surtout, le kit utilisé pour l'aphérèse est coûteux», précise-t-il.
Un autre défi majeur concerne le vieillissement des donneurs. «Nous constatons un manque de nouveaux donneurs pour assurer la relève. Cette situation représente un véritable problème à long terme», alerte Subhanand Seegoolam. La réticence des jeunes est également un facteur préoccupant. Bien que des campagnes de sensibilisation soient menées, le message peine à s'inscrire dans la durée. «L'importance du don de sang n'est souvent ressentie que lorsqu'une personne est confrontée à une situation difficile au sein de sa famille.»
Selon lui, la sensibilisation doit être collective. «Nous faisons notre part. Mais certains peuvent décourager leurs enfants ou leurs proches sans mesurer l'importance du don de sang. Les entreprises, à travers leurs services des ressources humaines, devraient également encourager et organiser des collectes afin que cela devienne une activité régulière», suggère-t-il.
Lançant un appel aux donneurs, Subhanand Seegoolam rappelle que le sang ne peut pas être fabriqué :«Il faut un être humain pour donner du sang, et chaque poche peut sauver jusqu'à trois vies. Nous faisons toujours de notre mieux et renforçons continuellement nos mesures pour garantir que la banque de sang reste bien approvisionnée.»