Elle est venue de Johannesburg seule, pour la première fois. Et elle repartira changée. À la TotalEnergies CAF Coupe d'Afrique des Nations Maroc 2026, Lele Mosimane n'est ni joueuse ni dirigeante. Elle est volontaire. Mais à l'entendre parler de la CAN, de l'Afrique et de football, sa place dans ce tournoi paraît presque évidente.
« Grandir dans une famille de football, ça marque pour la vie », confie-t-elle. Chez les Mosimane, le ballon rond n'était pas un simple divertissement du week-end. C'était une culture, une transmission. Son père a même entraîné Bafana Bafana. La Coupe d'Afrique des Nations faisait donc partie du décor, regardée depuis le canapé familial, comme un rituel immuable. Jusqu'au jour où l'écran s'est effacé.
Aujourd'hui, Lele ne regarde plus la CAN. Elle la vit.
Volontaire venue d'Afrique du Sud, elle découvre le tournoi de l'intérieur, dans les couloirs, les tribunes, les stades marocains. « C'est une autre dimension. Être ici, travailler ici, voir ce que l'Afrique est capable de montrer au monde, c'est énorme. » À travers la CAN, elle parle autant de football que de cultures, de rencontres, d'identité africaine exposée sans filtre.
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Le voyage n'était pourtant pas anodin. Première expérience seule, loin de chez elle, loin de sa famille, inquiète à l'idée de la voir traverser le continent. « Ils avaient peur pour moi », reconnaît-elle en souriant. Mais le Maroc a vite dissipé les craintes. « Les gens ici sont incroyables. Je ne me sens pas loin de la maison. » L'hospitalité, la chaleur humaine, l'accueil : autant de détails qui ont transformé l'appréhension en évidence.
Parmi les souvenirs qui resteront, l'ouverture du tournoi occupe une place à part. « La cérémonie d'ouverture... la voir en vrai, avec mes propres yeux, c'était spectaculaire. Je n'arrivais pas à croire ce que je voyais. » Un moment suspendu, suivi d'autres, plus intimes.
Comme ces matches de Bafana Bafana vécus au stade, entourée d'autres Sud-Africains. Les chants, les slogans, les couleurs. « On chantait tout le temps. On montrait qu'on était derrière notre équipe. C'était tellement fort. » Une communion simple, sincère, qui rappelle que la CAN est aussi une affaire de peuple.
Et puis il y a le stade. Le choc visuel. « Je n'ai jamais vu un stade comme ça. Jamais. » L'architecture, l'ampleur, l'atmosphère. Pour une jeune volontaire, ces arènes deviennent des lieux de révélation autant que de passion.
Au-delà des émotions, Lele Mosimane voit plus loin. Elle espère que cette expérience ouvrira des portes. Pour elle, mais aussi pour d'autres jeunes Sud-Africaines. « J'espère apprendre énormément ici. Et que cela permettra à d'autres filles comme moi de croire que c'est possible. »
À la CAN, il y a les buts, les héros, les finales. Et puis il y a ces trajectoires discrètes, essentielles. Lele Mosimane en fait partie. Une volontaire parmi des milliers, mais un regard qui rappelle que la Coupe d'Afrique des Nations n'est pas seulement un tournoi. C'est une expérience de vie.