Cameroun: La participation électorale de l'opposition, une question de survie politique ?

18 Janvier 2026
opinion

Le Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC) est à la croisée des chemins. Alors que les élections municipales et législatives approchent, une voix s'élève pour plaider en faveur d'une participation active. Pour l'analyste Edmond Kamguia, le boycott serait une trahison politique majeure envers l'électorat camerounais et les propres partisans du parti.

Le contexte est tendu. Le président national du FSNC, Issa Tchiroma Bakary, vit en exil en Gambie, où il a trouvé refuge pour sa sécurité après avoir contesté avec force les résultats de la présidentielle d'octobre dernier. Depuis, il dénonce une « confiscation » de la victoire et appelle à la résistance, tandis que le gouvernement camerounais évoque des poursuites pour incitation.

Dans ce climat, Kamguia avance un argument crucial. Ne pas participer aux prochains scrutins, c'est anéantir « tout le vent, tout le raz de marée » du soutien populaire reçu en octobre. Ce serait priver de voix des milliers d'électeurs et les « plonger dans l'embarras ». La cohérence politique du FSNC est en jeu. Kamguia estime que le parti doit honorer la confiance reçue et maintenir sa présence dans l'arène institutionnelle, quel que soit le traitement réservé à son leader.

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Cette position interroge la stratégie des partis d'opposition dans un environnement difficile. Participer, c'est risquer de légitimer un processus critiqué. Boycotter, c'est peut-être se condamner à l'irrélevance et abandonner le terrain. Pour le FSNC, cette décision pourrait bien définir son avenir : restera-t-il une force de protestation ou deviendra-t-il un contre-pouvoir structuré capable d'agir de l'intérieur ?

La question demeure : une formation politique peut-elle défendre la démocratie en refusant de jouer le jeu électoral ?

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